Romain David

Web, entrepreneuriat...Blog perso de l'un des fondateurs de Balloon


« SAS Weekend » ou comment gagner 2000€…de frais d’avocat!

Vous connaissez tous le Startup Weekend ou comment montez une startup en un Weekend. Le but est de créer un prototype en quelques heures sans se prendre la tête avec les formalités administratives.
Pour compléter cet événement génial, je vous livre la recette pour créer la SAS qui correspond en moins de 24h!


Samedi
10h00:La rédaction des Statuts
L’objectif est de trouver des modèles de statuts sur le web ou mieux de demander ceux de vos contacts ou de vos amis et de modifier les informations propres à votre business (objet social, capital social, souscripteurs, adresses, postes…). Si vous souhaitez ajouter des clauses particulières, il faudra alors demander conseil à votre tante avocate ou votre cousin juriste.

14h00: Faire le tour des banques en bas de chez vous
Rendez vous à la station de métro la plus proche et visitez toutes les banques du quartier. Demandez les modalités (prix, services…) de chacune et faites votre choix. Les prix du marché sont aux alentours de 23€ par mois et certaines banques proposent 6 mois gratuits (comme le CIC par exemple). A ce propos je vous recommande tous les articles de @gbertholet sur le sujet et notamment son classement des banques à découvrir ici.

16h00: Une fois que vous avez fait votre choix, allez à la banque avec les documents suivants pour ouvrir un compte bloqué d’associé:
- photocopie de la carte d’identité
- justificatif de domicile
- projets de statuts
- capital (en liquide ou en chèque de banque)
L’idée est de récupérer l’attestation de blocage des fonds de la part de votre nouveau banquier. Elle est délivrée immédiatement si vous avez l’argent en liquide ou en chèque de banque ou dans les 10 jours, si vous payez par chèque.

18h00: Annonce légale
Vous pouvez rentrer chez vous pour publier l’annonce légale dans le journal officiel. Plusieurs sites permettent de le faire, perso j’ai utilisé les petites affiches. Ca coûte un peu d’argent (200€ environ) mais après le paiement vous récupérerez l’attestation de publication au journal officiel.
@gbertholet conseille (dans les commentaires de l’article) de demander le tarif économique qui permet d’économiser 50%!

Dimanche
10h00: Il ne reste plus qu’à déposer votre dossier au Greffe du Tribunal de Commerce. Oui je sais c’est dimanche et tout doit être fermé mais le dépôt peut se faire en ligne sur leur site (si vous habitez à Paris, pour les autres désolé, il faut se renseigner :) ). Munissez vous de votre attestation de blocage des fonds ainsi que de l’attestation de publication et renseignez les champs demandés. Faites le sérieusement, sinon ils se feront une joie de vous renvoyer votre dossier en vous demander d’ajouter un « ? » après la 4ème phrase du 3ème paragraphe.
Sortez votre carte bancaire (80€ environ) et vous pouvez partir en vacances…

Fini? Et oui!…Le Greffe vous tiendra au courant de l’avancement du dossier et vous enverra le fameux KBIS (dans les 15 jours) que votre banquier attend pour débloquer les fonds et le Service des Impôts aux Entreprises se chargera de vous envoyer votre numéro de TVA. Il se peut que votre banquier vous demande les statuts enregistrés en plus du KBIS, dans ce cas rendez vous au Service d’Enregistrement le plus proche de chez vous avec vos statuts.

Done!

Published by Romain David, on septembre 6th, 2010 at 3:36 . Filled under: Conseil startup Tags: , 10 Comments

#SWPA

C’est avec ces 5 signes que j’ai communiqué sur la toile le week-end du 7-9 mai 2010 pour cause de Startup Weekend sur le campus d’HEC. Expérience enrichissante à tout point de vue: mon équipe a terminé dernière au classement mais nous avons beaucoup appris.

Photo: use2web

Je vais essayer de résumer rapidement le déroulement du #swpa du point de vue d’une équipe soudée et volontaire mais pas très bien partie…

Vendredi 7 mai

19h: les équipes sont faites, nous nous attaquons tous les 9 à une sujet passionnant mais sur lequel de nombreux se sont cassés les dents avant nous: le «crowdfunding» (investissement collaboratif dans des entreprises)

19h30: c’est intéressant comme concept, mais on sait tous qu’on arrivera pas à trouver de BM…Certains sont déjà un peu trop lucides dès le briefing mais finalement c’est un défi à relever.

22h30: on décide assez rapidement d’adopter une approche un peu différente de ce qui se fait déjà en se concentrant sur l’aspect affectif: un système de «love money» collaboratif ou tout un chacun pourrait investir des petites sommes dans un projet qu’il aime et qu’il a envie de soutenir.

00h30: Les deux développeurs se chargeront du prototype, deux ou trois personnes s’occuperont du juridique et des problématiques financières le reste du groupe se concentrera sur la stratégie et le marketing. RDV fixé au lendemain.

Samedi 8 mai

9h: Ca part pour de vrai…!

12h: Premier problème: comment s’assurer un chiffre d’affaires et des revenus décents? Plusieurs pistes à explorer: commissions, frais d’inscription etc.

16h: Deuxième problème: comment faire pour éviter que la startup qui parvient à lever des fonds compte des dizaines voire des centaines d’actionnaires au capital…

20h: Troisième problème: comment attirer des investisseurs? Est ce que le côté affectif et stimulant va suffire à donner envie aux utilisateurs d’investir?

00h: Après discussion auprès de soutiens extérieurs (@gbertholet, prof de stratégie d’HEC, membres d’autres équipes) aucune solution convenable n’est trouvée. La motivation baisse d’un cran au sein de l’équipe.
On a encore le temps de se lancer dans un projet complètement différent, on sera les premiers à avoir créer non pas une boîte en 50 heures mais deux!

Dimanche 9 mai

2h: Il ne faut pas abandonner («Never Give Up»), on va continuer en essayant de faire de notre mieux pour régler ces problèmes et faire bonne figure le soir même pour la présentation finale. RDV demain, enfin tout à l’heure…

9h: Et pourquoi on n’oublierait pas le côté affectif pour se concentrer sur les vrais investisseurs potentiels qui paient l’ISF et qui recherchent des exonérations d’impôts? Ils investissent des parts de 1000 euros minimum, on prend une commission… Alors… pour des levées entre 100 000 et 500 000 €, on peut se permettre de prendre 10% max, soit 10 000 – 50 000 € par levée, il faut donc atteindre une quinzaine de levée réussies par an pour avoir 300 000 ou 400 000 € de CA. C’est le nombre de startups qu’on compte présenter sur le site, soit un taux de réussite de 100%. Et en plus on ne règle pas le problème du nombre d’actionnaires…

11h: Et si on créait un fond d’investissement géré par tous les utilisateurs de notre site qui choisiraient eux même, de manière démocratique, d’investir dans tel ou tel projet? Quid du juridique? Business model?…C’est un coup à se faire allumer…

14h: Eh les gars, on présente notre projet à 17h30…c’est quoi notre projet? Il faudrait quand même l’expliquer plus précisément à nos développeurs pour qu’ils puissent commencer…Nous avons donc réétudié les possibilités et évalué la situation: une application parfaitement intégrée aux réseaux sociaux existants permettrait de motiver les investisseurs «affectifs» et ferait gagner un temps fou aux startups qui combineraient une levée de fonds avec une campagne de buzz sur le net. Voila de bons arguments…

15h: La seule manière d’éviter le problème du nombre d’actionnaire est de laisser le fondateur de la startup qui réussit une levée de fond créer une holding qui rassemble tous ses investisseurs. C’est surement un peu lourd pour lui, mais c’est le prix à payer pour sa levée de fonds et pour sa campagne de buzz!

16h: «Keynote session»
Le point noir reste le BM puisqu’il faut beaucoup beaucoup de levées de fonds réussies pour atteindre des chiffres présentables…
N’insistons pas sur les chiffres, le plus important c’est le projet et le prototype, au fait…ça en est ou? Pas assez de temps pour faire un prototype à la hauteur des autres équipes, tant pis on fait avec les moyens du bord…

17h30: Bonne présentation et bonne séances de questions réponses devant un jury pas très convaincu. Au moins on a sauvé les meubles et on finira pas dernier…

Eh si, on finira quand même dernier mais pas déçu pour autant. Voici les principaux enseignements tirés de ce #swpa:

  • si beaucoup d’autres ont essayé et ont échoué, c’est qu’il y a une raison…
  • il n’y a pas que l’«expérience #swpa» qui compte, le choix de l’idée au départ est fondamental
  • c’est toujours intéressant de refaire le parcours de ceux qui se sont planter et de vraiment comprendre par soi même pourquoi une idée est difficile à réaliser
  • travailler dans le rush peut être constructif et intéressant, les deadlines sont très stimulantes
  • Il ne faut pas hésiter à laisser l’idée évoluer, même en 50 heures, il ne faut pas se dire que c’est trop tard.
  • Les idées nouvelles remotivent les troupes

    Si vous avez, vous aussi, participé à un Startup Week-end, n’hésitez pas à partager votre expérience ou vos enseignements dans les commentaires.

  • Published by Romain David, on mai 17th, 2010 at 1:02 . Filled under: Non classé Tags: , , 2 Comments