Romain David

Web, entrepreneuriat...Blog perso de l'un des fondateurs de Balloon


Founders at work: Hotmail

[Je viens de finir Founders at Work, c'est un bon "Business Book" mais comme la majeure partie d'entre eux, ça peut être une perte de temps de les lire en entier. Il s'agit d'une série d'interviews réalisée auprès de fondateurs de startups par Jessica Linvingston, co-fondatrice du Y-Combinator. Je me suis dit que ça pourrait donc être intéressant de vous faire un petit résumé de ce bouquin sous fome de fiches. Une entreprise par épisode... ]

Fondateurs: Sabeer Bhatia et Jack Smith se sont rencontrés chez Apple. Ils ont ensuite rejoint une startup avant de lancer la leur, Javasoft.

Idée: Le firewall de la boîte ne leur permettait pas d’accéder à la boîte mail de leur université. « On a accès à n’importe quel site de la planète grâce à un simple navigateur. Et si on pouvait accéder à nos emails par le biais de ce navigateur… ». Ils ont donc abandonné Javasoft pour Hotmail.
Ils expliquent qu’ils avaient peur qu’on leur vole leur idée  (notamment Netscape). Sans aucune barrière à l’entrée, ils avaient conscience de l’importance de remporter ce marché le plus rapidement possible. En revanche, Yahoo ne leur faisait pas peur puisque Jerry Yang leur avait expliqué qu’il ne croyait pas à l’email sur le web, trouvant beaucoup plus pratique les clients desktop. Yahoo a finit par racheter Rocketmail en 1997.

Investisseurs: L’équipe a d’abord levé 300 000$ pour prouver qu’on pouvait mettre l’email sur le web en échange de 15% du capital. Ils ont obtenus les fonds en février 1996. D’autres levées de fonds suivront auprès du même fond d’investissement (DFJ).

Produit: Hotmail a enregistré 100 000 inscrits durant les trois premiers mois d’activité. L’une des clés du succès d’Hotmail est la manière dont l’entreprise a fait sa propre publicité. Chaque mail contenait le petit message « Get your free email at Hotmail » qui incitait les utilisateurs à s’inscrire. C’est sans doute l’un des premiers cas de marketing viral. Par ailleurs, chaque utilisateur d’Hotmail qui envoie un mail vend le label « @hotmail.com », ce qui a une valeur commerciale énorme!

Business Model: Générer des revenus publicitaires au nombre de pages vues espérant dépasser Yahoo partant du principe qu’on consomme plus de pages sur un webmail que sur un portail. Les revenus publicitaires leur permettait de couvrir leur frais mais pas d’être rentable (environ 1 millions $ par mois).

Exit: Un an après le lancement, Hotmail comptait 7 millions d’utilisateurs. Microsoft les a alors contactés pour envisager un partenariat (MSN ne comptait que 2,5 millions d’utilisateurs à l’époque) puis un rachat en comprenant que Hotmail allait finir par concurrencer MSN. Ils sont alors reçus dans le bureau de Bill Gates en compagnie d’une dizaine de financiers et d’avocats. Le DAF propose 160 millions de dollars. Sabeer Bhatia raconte à quel point il était important de ne pas entrer dans la négociation à ce moment là en face de 10 personnes.
Il est donc repartit et a négocié par la suite, à l’aide de ses 7 millions d’utilisateurs, un rachat à 400 millions de dollars.

Selon Comscore, Hotmail est le premier webmail aujourd’hui avec 364 millions d’utilisateurs devant Yahoo Mail (280 millions) et Gmail (191 millions).

Published by Romain David, on novembre 2nd, 2010 at 10:58 . Filled under: Conseil startup Tags: , , 11 Comments

Ma meilleure erreur de création d’entreprise

Belle initiative de @gbertholet qui lance une chaîne de blog posts sur le thème: « ma meilleure erreur de création d’entreprise ». Je vous recommande la contribution de @laurentk, très complète et très intéressante sur le sujet. Laurent est un serial entrepreneurs qui a la chance d’avoir su tirer un maximum de ses erreurs passées.

Je suis malheureusement beaucoup plus jeune dans ce domaine. Je vais tout de même jouer le jeu et vous parler de vOtons.info. Créé en 2007 pour les élections présidentielles, ce site avait pour objectif de comparer tous les programmes politiques des candidats. En compagnie de @pierrevalade notamment, nous avons lancé la plateforme assez rapidement sans trop chercher à en faire quelque chose de grand! En parallèle des cours, on passait quelques coups de fil à des journalistes pour parler de notre initiative. Résultats: près de 20 000 v.u/jour au mois de mai et une belle couverture presse (AFP, RMC, France inter, sujet sur M6, LCI…).

L’année suivante, nous avons voulu relancer l’idée pour les élections municipales « en prenant les choses au sérieux » et en y consacrant plus de temps: le design du site, de nombreuses réunions et autre prise de tête sur telle fonctionnalité, telle image ou formulation. Résultat: pas grand chose :) .

Ce que j’en ai tiré

Le fait de n’avoir que très peu de temps à consacrer au projet la première année nous a permis d’éviter de nombreuses erreurs dont nous n’avions même pas conscience à l’époque:

  • vouloir faire un produit complètement abouti
  • le lancer tard, une fois qu’on en était pleinement satisfait
  • vouloir faire trop sérieux en présentant notre projet aux partenaires et aux journalistes

Le manque de temps et l’excitation de simplement réaliser un projet cool nous a forcé à lancer un MVP assez tôt, à n’ajouter quasiment aucune fonctionnalités réclamés par les gens et à faire le buzz auprès des journalistes puisque nous étions des « jeunes » et qu’on se bougeait un peu.

Dans The social network, on voit bien comment Zuckerberg, d’une part va droit à l’essentiel parce qu’il n’a pas énormément de temps et d’autre part veut absolument que TheFacebook reste un truc « cool ».

Quand on débute, le manque de temps est donc peut être un moyen efficace d’éviter les erreurs classiques au moment du lancement d’un projet web. Qu’en pensez vous?

Published by Romain David, on octobre 22nd, 2010 at 4:34 . Filled under: Conseil startup Tags: , 3 Comments

« Nous, pauvres idiots commerciaux… »

Ca fait un petit bout de temps déjà que les commerciaux ont arrêté de stigmatiser les geeks et les ingés, il serait temps que certains de nos chers hackers fassent de même.

Une récente discussion à propos d’une simple offre d’emploi m’a particulièrement énervé sur le Google groupe Railsfrance. Vous pourrez y lire l’histoire d’un jeune motivé pour monter sa boîte qui cherche un associé avec un profil technique pour compléter la paire.

Il est immédiatement catalogué comme un bouseux tout frais sorti d’école de commerce qui cherche à « prendre les développeurs pour des imbéciles prêts à faire les esclaves jour et nuit pour quelques actions » comme dirait @fdevillamil. On lui explique que ses compétences sont nulles et qu’il n’a rien à faire là. Les autres commentaires sont tous aussi condescendants les uns que les autres vis à vis des commerciaux/marketeux/Ecole de commerce.

Je pense qu’au fond ils se rendent bien compte de l’apport que peut représenter un bon business guy dans une équipe (négociation, commercial, levée de fonds, contacts, gestion d’une équipe, vision…) mais ils ont sans doute été traumatisés par de mauvaises expériences. Mais leur refus d’évoluer est un frein important au développement de notre écosystème français à mon avis.

Souvenez vous de la théorie de Michel de Guilhermier (un ancien HEC :) ) sur les avantages comparatifs intrinsèques: chacun doit faire ce pour quoi il est le meilleur et laisser de côté le reste. Essayer de s’associer avec des comparses qui sont meilleurs que vous dans un domaine au moins! A partir de là, il faut forcément un commercial dans le lot, c’est mathématique!

Si la scène tech française est de plus en plus géniale, c’est aussi grâce aux business guys alors ne soyons pas rageux et bossons tous ensembles!

Published by Romain David, on octobre 7th, 2010 at 9:36 . Filled under: Conseil startup Tags: , , , 19 Comments

Pitcher devant un jury

Présenter son projet devant un jury ou des investisseurs demande une préparation toute particulière. J’ai eu l’occasion de passer sur le grill assez récemment donc voici les leçons que j’en ai tiré.

Concernant le dossier de pré-sélection ,je vous recommande le très bon article de @clemnt sur le sujet.



La préparation

  • écrire l’histoire à raconter, les points importants dont on veut absolument parler et ceux que l’on nous demande d’aborder.
  • Chercher une accroche: les 30 premières secondes sont fondamentales, il faut absolument que le jury trouve le projet et l’équipe original au premier abord pour qu’il ait envie d’aller plus loin. Raconter un anecdote, matérialiser son projet en distribuant ou en montrant un objet…
  • une idée = une slide!
  • Les tableaux de Guy Kawasaki dans The Art of The Start (chapitre: The Art of Pitching) sont très intéressants mais c’est difficile de sortir du lot en prenant le modèle dont tout le monde s’inspire. L’auteur de l’article 10 Lessons From Finland’s Summer of Startups appelle ça le « Guy Kawasaki Syndrome »!

    La conception

  • je vous recommande les bouquins de Garr Reynolds sur le design de vos slides. Pleins de bons conseils pour ne pas ennuyer son public, mettre en valeur les points importants, éviter les pieges classiques…
  • éviter a tout prix les blocs de texte, bullet points à la pelle, graphes compliqués. Concernant les schémas importants et un peu complexes, essayer de les construire sous les yeux du jury grâce à quelques animations, cela permet de capter l’attention et de simplifier le message.
  • Rester cohérent: les slides doivent refléter le business: si il s’agit d’un réseau social géolocalisé ou d’un produit B2B les slides doivent être visuellement différentes.
  • La répétition

  • A mon avis, c’est plus efficace lorsqu’une seule personne parle pendant le pitch. Cela permet d’assurer la cohérence de l’ensemble et d’eviter les transitions et passages de relais bancales.
  • Répéter, répéter, répéter, répéter et surtout répéter! L’accroche et les transitions de slides sont les éléments qui demandent le plus de travail. Ensuite il faut surtout surveiller le temps, la clarté et peaufiner :) .
  • je pense que ce n’est pas du luxe de répéter quelque fois sans slides au cas où. Si l’ordi ou le rétroprojecteur plante, le jury vous demandera sûrement de présenter sans slides! Ils seront d’autant plus impressionnés si cela n’a aucun impact sur la qualité de votre prestation!
  • prendre à part l’heureux speaker de l’équipe et lui montrer (vidéo a l’appui?) tous ces tics de langages et ses gestes incontrôlés!
  • et enfin les questions: qui répond à quoi? Anticiper toutes les questions, recenser les arguments etc…Je vous recommande un petit tour par le blog de Guilhem pour tout savoir à ce sujet. L’important est de répartir la parole et de répondre de façon concise, plus il y a de questions, mieux c’est.
  • Le jour J

  • Eviter les réflexions du genre: « non pas la peine, ils auront surement un adapteur VGA et des enceintes ». Prendre avec soi TOUT ce dont on a besoin (ordi, fichier, adapteur etc…)
  • ENJOY ;) .

  • Published by Romain David, on septembre 28th, 2010 at 1:27 . Filled under: Conseil startup Tags: , , , 7 Comments

    Business Model Generation

    Dans l’absolu, je serai plutôt d’accord avec l’auteur de cet article: Why Startup Founders Should Stop Reading Business Book qui explique en résumé:

    Que les bouquins à la Seth Godin/Malcom Gladwell:
    - sont trop généraux et ne donnent pas de pistes réels pour passer à l’action
    - pourraient être résumé en une ou deux pages

    Concernant ceux qui entrent d’avantage dans la pratique:
    - trop de théories
    - plus adaptés aux entreprises de grandes tailles, aux marché énormes et aux milliards de dollars en jeu.

    C’est vrai que ce genre de bouquins peuvent être résumés en une page (exemple Getting real par @gillespoupardin), c’est vrai qu’ils prennent beaucoup de temps à lire et que même si c’est souvent passionnant c’est toujours difficile d’en tirer quelque chose de concret.

    L’idéal à mon avis serait de trouver des résumés sympas sur le web et de les partager sur nos blogs (ou de les faire nous mêmes si le mal est fait:) ).


    "Business Model Generation"

    Business Model Generation

    Voilà l’exception à la règle :) : Business Model Generation.
    Ce n’est pas vraiment une nouveauté, je vous l’accorde mais je n’ai pas été mis dans le coup assez tôt à propos de ce bijoux.
    Les différentes composantes d’un Business Model, les différents types de Business Model, des conseils pour travailler son BM, le designer…bref toutes les infos utiles et seulement les infos utiles!
    Comment ne pas parler de la mise en page, de la manière dont ce livre est designé: photos, post-it, whiteboard, cahiers, schémas, gribouillages, vous passez par toutes les formes physiques que peut prendre le brainstorm et vous en ressortez lessiver, comme après une VRAIE séance!
    C’est très agréable à lire et très stimulant!

    Pour une fois, je voudrais vous demander deux choses:
    1) des bons résumés de bouquins à partager
    2) si je suis passé à côté d’autres bijoux comme celui-ci, let me know…

    Published by Romain David, on septembre 21st, 2010 at 9:55 . Filled under: Conseil startup Tags: , , 11 Comments