Romain David

Web, entrepreneuriat...Blog perso de l'un des fondateurs de Balloon


Ma meilleure erreur de création d’entreprise

Belle initiative de @gbertholet qui lance une chaîne de blog posts sur le thème: « ma meilleure erreur de création d’entreprise ». Je vous recommande la contribution de @laurentk, très complète et très intéressante sur le sujet. Laurent est un serial entrepreneurs qui a la chance d’avoir su tirer un maximum de ses erreurs passées.

Je suis malheureusement beaucoup plus jeune dans ce domaine. Je vais tout de même jouer le jeu et vous parler de vOtons.info. Créé en 2007 pour les élections présidentielles, ce site avait pour objectif de comparer tous les programmes politiques des candidats. En compagnie de @pierrevalade notamment, nous avons lancé la plateforme assez rapidement sans trop chercher à en faire quelque chose de grand! En parallèle des cours, on passait quelques coups de fil à des journalistes pour parler de notre initiative. Résultats: près de 20 000 v.u/jour au mois de mai et une belle couverture presse (AFP, RMC, France inter, sujet sur M6, LCI…).

L’année suivante, nous avons voulu relancer l’idée pour les élections municipales « en prenant les choses au sérieux » et en y consacrant plus de temps: le design du site, de nombreuses réunions et autre prise de tête sur telle fonctionnalité, telle image ou formulation. Résultat: pas grand chose :) .

Ce que j’en ai tiré

Le fait de n’avoir que très peu de temps à consacrer au projet la première année nous a permis d’éviter de nombreuses erreurs dont nous n’avions même pas conscience à l’époque:

  • vouloir faire un produit complètement abouti
  • le lancer tard, une fois qu’on en était pleinement satisfait
  • vouloir faire trop sérieux en présentant notre projet aux partenaires et aux journalistes

Le manque de temps et l’excitation de simplement réaliser un projet cool nous a forcé à lancer un MVP assez tôt, à n’ajouter quasiment aucune fonctionnalités réclamés par les gens et à faire le buzz auprès des journalistes puisque nous étions des « jeunes » et qu’on se bougeait un peu.

Dans The social network, on voit bien comment Zuckerberg, d’une part va droit à l’essentiel parce qu’il n’a pas énormément de temps et d’autre part veut absolument que TheFacebook reste un truc « cool ».

Quand on débute, le manque de temps est donc peut être un moyen efficace d’éviter les erreurs classiques au moment du lancement d’un projet web. Qu’en pensez vous?

Published by Romain David, on octobre 22nd, 2010 at 4:34 . Filled under: Conseil startup Tags: , 3 Comments

« Nous, pauvres idiots commerciaux… »

Ca fait un petit bout de temps déjà que les commerciaux ont arrêté de stigmatiser les geeks et les ingés, il serait temps que certains de nos chers hackers fassent de même.

Une récente discussion à propos d’une simple offre d’emploi m’a particulièrement énervé sur le Google groupe Railsfrance. Vous pourrez y lire l’histoire d’un jeune motivé pour monter sa boîte qui cherche un associé avec un profil technique pour compléter la paire.

Il est immédiatement catalogué comme un bouseux tout frais sorti d’école de commerce qui cherche à « prendre les développeurs pour des imbéciles prêts à faire les esclaves jour et nuit pour quelques actions » comme dirait @fdevillamil. On lui explique que ses compétences sont nulles et qu’il n’a rien à faire là. Les autres commentaires sont tous aussi condescendants les uns que les autres vis à vis des commerciaux/marketeux/Ecole de commerce.

Je pense qu’au fond ils se rendent bien compte de l’apport que peut représenter un bon business guy dans une équipe (négociation, commercial, levée de fonds, contacts, gestion d’une équipe, vision…) mais ils ont sans doute été traumatisés par de mauvaises expériences. Mais leur refus d’évoluer est un frein important au développement de notre écosystème français à mon avis.

Souvenez vous de la théorie de Michel de Guilhermier (un ancien HEC :) ) sur les avantages comparatifs intrinsèques: chacun doit faire ce pour quoi il est le meilleur et laisser de côté le reste. Essayer de s’associer avec des comparses qui sont meilleurs que vous dans un domaine au moins! A partir de là, il faut forcément un commercial dans le lot, c’est mathématique!

Si la scène tech française est de plus en plus géniale, c’est aussi grâce aux business guys alors ne soyons pas rageux et bossons tous ensembles!

Published by Romain David, on octobre 7th, 2010 at 9:36 . Filled under: Conseil startup Tags: , , , 19 Comments

Faut il écouter ses clients?

Je sais pas si vous avez déjà regardé le Ted Talk de Malcolm Gladwell intitulé « on spaghetti sauce ». Il raconte l’histoire d’Howard Moskowitz, un psychophysicien qui a fait une étude détaillée sur le goût des américains. Ses conclusions ont mené à une diversification de l’offre afin de combler les besoins latents des consommateurs: alors qu’il n’existait auparavant qu’une ou deux sauces spaghetti en rayon, vous en trouverez une bonne dizaine aujourd’hui dans votre supermarché. Vous ne saviez peut être pas avant, lorsqu’il n’existait qu’une seule sauce, que vous en auriez préféré une autre, mais maintenant qu’elle existe votre bien être a augmenté.

Selon Malcolm Gladwell, prendre en compte la diversité de chacun est le meilleur moyen de maximiser la satisfaction de tous.

The paradox of choice

C’est le nom d’un autre TED Talk signé Barry Schwartz dans lequel il dénonce le dogme occidental qui veut que: le bonheur de chacun dépend de son degré de liberté et donc de son aptitude à choisir. Il démontre donc que un trop grands nombre de choix a deux effets néfastes:
- La paralysie. Plus le nombre de choix est important moins le client achète.
- L’insatisfaction. Augmenter les options d’un client revient à reporter sur lui la responsabilité de son choix. Barry Schwartz prends l’exemple des médecins qui aujourd’hui présente toutes les possibilités au patient afin qu’il puisse choisir, c’est en réalité une décharge de responsabilité du médecin vers le patient sous couvert d’information et de liberté.

Comment satisfaire le client?

C’est, à mon avis, la question à laquelle tentent de répondre ces deux intervenants. Mais alors comment se faire une idée claire à partir de ces deux réponses presque opposées quand on est entrepreneur et que notre principal objectif chaque jour est de satisfaire nos clients? Faut il les écouter et satisfaire leur moindre besoin en ajoutant des services ou des fonctionnalités? Faut il limiter leurs choix au maximum? Malcom ou Barry? « How to handle the sirens of the additional features » comme dirait @laurentk. Parce qu’il est aussi question de cela, savoir ce qui est de trop dans tout ce que demandent les clients, les copains, les parents…

Je pense que la réponse est dans la bonne segmentation de ses clients. Identifier les différents segments clients permet de savoir á qui on s’adresse, qui il est important d’écouter et qui « n’est pas dans la cible ». Il est ensuite plus facile de définir les limites de son offre et de la packager correctement pour répondre aux besoins de ceux qui comptent vraiment.

Une fois que la segmentation est claire, je pense que les conseils de ces deux « TEDers » s’appliquent et sont bons à prendre:

  • ne pas écouter le client aveuglément, il ne sais pas toujours ce qu’il veut (besoins latents, non-besoins…): « Si j’avais demandé à mes clients ce qu’ils voulaient, ils m’auraient réclamé un cheval plus rapide » disait Henry Ford.
  • ne pas laisser trop de choix à ses clients, les orienter et les conseiller est fondamental.

  • Published by Romain David, on octobre 5th, 2010 at 9:50 . Filled under: Conseil startup Tags: , 5 Comments

    Des détails qui tuent…

    Suite au tweet de @CravingStef: ce que votre adresse e-mail dit sur vos compétences informatiques, je me suis amusé a recenser tous les petits détails qui peuvent vous trahir auprès de recruteurs, de clients ou de vos tweetos (si vous travaillez sur le web, autrement tout cela n’a aucun sens).

    L’ordinateur: Quelques entrepreneurs que j’ai rencontré m’ont avoué ne pas vouloir embaucher quelqu’un qui travaille sur PC. Pour eux, avoir un Mac signifie aimer les choses bien faites, intuitives et si on est « PC » ca se ressentira forcément sur le travail. Je sais pas si ce critère est réellement pertinent mais je reconnais que j’aurai un meilleur a priori devant un joli mac que devant une usine à gaz Compaq qui tente de s’allumer pendant qu’on discute.

    L’adresse e-mail: L’infographie dont j’ai parlé au dessus est à mon avis très vraie mais pas seulement à propos des noms de domaines, il faudrait également ajouter l’intitulé de l’adresse. Un mec qui se pointe avec un snoopy75013 ou un Cobalt2760 (mes potes se reconnaîtront :) ) ne peut que se couvrir de ridicule devant quelqu’un d’un peu sérieux. C’est comme si un patron du CAC 40 sortait de sa mallette un agenda Gibert Joseph couvert de stickers: « Korn » ou « Peace and Love ». Si en plus c’est sur aol ou caramail, vous ne serez même pas reçu…

    Membre de copains d’avant sur Google: On google souvent les gens et c’est vrai que c’est rassurant lorsqu’ils sont réellement visibles. Que cela soit un profil Linkedin, un Twitter ou encore mieux un blog, si quelqu’un est bien référencé c’est qu’il est actif sur le web et qu’il crée du contenu. En cas d’echec, lorsque Google affiche un Facebook uniquement ou pire un lien vers Copain d’avant, on se doute que cet « expert du web » est en carton.

    La timeline Twitter: Enfin, l’un des derniers détails qui peut nous renseigner rapidement sur quelqu’un, c’est le contenu qu’il poste sur Twitter. Et là plusieurs cas de figure:
    - « hello world », « comment ça marche ce truc? » datant d’il y a six mois: n’a pas encore compris l’intérêt de Twitter. Ca va peut être venir, stay tuned!
    - « je mange une glace à la framboise », « C’est génial TF1 ce soir »…: n’a pas compris l’intérêt de Twitter. Ca ne viendra pas, passez votre chemin.
    - RT @…, RT@…., RT@…: n’a pas grand chose à dire mais s’intéresse à l’actualité.
    - @…, @…, @…: soit il prend Twitter pour msn soit c’est un mec ouvert qui répondra à vos questions sur Twitter.

    Je suis sûr qu’il y a plein d’autres détails qui vous choquent ou vous interpellent…

    Published by Romain David, on septembre 17th, 2010 at 9:33 . Filled under: Conseil startup Tags: , , , 10 Comments

    Entrepreneur ou fonctionnaire?

    Comment ne pas faire d’une startup une usine à gaz avec des montagnes de papiers, des boîtes mails pleines à ras bord et des cahiers illisibles ? Comment éviter de passer des journées entières à chercher, ranger ou refaire.

    On critique souvent les grosses boites pour leurs formalités administratives et leurs paperasses en se disant: « mais comment en sont elles arrivé là? ».

    On commence par faire des feuilles excel, des Google docs, ensuite on noircit des papers boards qu’on prend en photo ou qu’on recopie à la main. On envoie des mails à ses associés et même à soi même pour ne pas oublier des trucs importants ou pour partager des documents ou des articles. Autant de gestes qui paraissent naturels au début, qui prennent de plus en plus de temps et qui finnissent par porter préjudice à l’efficacité, à la productivité et peut être même à la créativité de l’équipe.

    Alors comment éviter les mauvais reflexes dès le début et créer un environnement de travail efficace, rapide et propice aux idées fraiches!

    « Meetings are Toxics »
    C’est l’un des points importants de Getting Real. On débute toujours avec de bonnes intentions, on commence la discussion et puis bla ca devient prenant bla bla et puis un mec bla bla bla en rajoute bla bla bla bla bla bla…On sort du truc au bout de 3h et on se rend compte qu’on a rien fait de la matiné!
    Quand vraiment les réunions sont inévitables, je pense qu’il faut lancer un chronomètre (30-45 min), demander à chacun d’avoir préparé son truc et finir par une to-do list (à la place du fameux compte rendu assez inefficace).

    Lâcher 50$/mois
    C’est le prix de la quinte flush, le combo de Web apps qui permet d’optimiser des tâches qui peuvent être compliquées et un peu rébarbatives et de décupler l’efficacité des équipes. Rien de bien original, mais ca vaut le coup de lâcher quelques dollars pour celles qui sont payantes!

    Highrise
    - gestionnaire de contacts génial pour suivre les différentes conversations ou ajouter des tâches
    - Killer feature: application iPhone avec voice note pour résumer un RDV en quelques secondes

    Producteev
    - gestionnaire de tâches très bien fait avec labels, workspaces et une très jolie application iPhone
    - Killer feature: la Producteev Academy qui fait un classement mensuel des membres de votre équipe en fonction de leur activité, bien trouvé!

    Google Calendar
    - simple, efficace et gratuit
    - Killer feature: synchronisable partout (iPhone, iPad etc.)

    Dropbox
    - génial pour partager des documents facilement, stocker des fichiers etc. la magie du cloud :)
    - Killer Feature: « Dropbox file » sur votre bureau + application iPhone/iPad

    Delicious
    - Une vraie bibliothèque de liens à constituer avec toute l’équipe et à partager en quelques clics
    - Killer Feature: extension chrome

    J’aime beaucoup cette suite d’applications parce que grâce à elles, jamais plus vous:
    - n’enverrez de mails à vos associés ou à vous même
    - ne vous demanderez qui a répondu à monsieur Tartampion et quand?
    - n’oublierez un RDV
    - ne vous demanderez les priorités de l’après midi

    J’ai choisi les 5 que nous utilisons chez Balloon mais il en existe plein d’autres et je suis sûr que chacun de vous a ses chouchoux :) A vous…

    Published by Romain David, on septembre 14th, 2010 at 11:14 . Filled under: Conseil startup Tags: , 7 Comments