Romain David

Web, entrepreneuriat...Blog perso de l'un des fondateurs de Balloon


Minimum Viable Predictions…

Projections financières détaillées sur 3-5 ans…

En général lorsque qu’un entrepreneur débutant tombe sur cette phrase, il se dit « ah merde ils demandent ca? bon tant pis alors… » ou alors il rit à la gueule du mec en lui expliquant qu’il ne comprend rien aux startups ni au web d’ailleurs…

Et puis vient le jour où il faut vraiment s’y mettre. Alors oui, c’est vrai que c’est important, que ça permet de prendre du recul, de se projeter et d’avoir un plan d’action sur le papier. Il ne sera bien évidemment jamais appliqué en pratique mais ceux à qui vous le montrerez pourront comprendre votre logique et vous aurez une référence au fur et à mesure que vous avancerez.

Voila pour la théorie :)

En pratique…? C’est très long et ç’est souvent difficile de se projeter des années en avant. En général c’est un exercice qui mobilise tous les fondateurs et qui n’est par définition jamais terminé. Le risque est donc de passer des journées entières là dessus sans savoir si c’est bien ou pas. L’objectif est donc de lancer un MVP: « Minimum Viable Predictions »

Le principe est à peu près le même que pour le fameux Minimum Viable Product. Voici quelques idées:

1) Passer une demi-journée maximum sur vos chiffres tout compris (reflexion, mise en forme…) en mettant l’accent sur la cohérence de l’ensemble.

2) Présenter le rapidement à des investisseurs cobayes ou à des habitués de ce genre de données

3) Observez-les rigoler, pleurer, sourire ou acquiescer

4) Retravaillez!

De la même manière qu’il est inutile de développer un produit de A à Z sans avoir de retour de clients, il est absurde de passer des journées entières à changer les chiffres de 2014 sans avoir aucun feedback de personnes compétentes en la matière. Pour être sûr de ne pas passer plus d’une journée entière sur vos chiffres, fixez un rendez-vous et bossez la veille :)

Published by Romain David, on juillet 26th, 2011 at 12:25 . Filled under: Conseil startup2 Comments

« The Startup of You »

Un article des pages « Opinions » du New York Times évoquait récemment les nouvelles exigences du marché de l’emploi. Thomas Friedman expliquait notamment que le mot « carrière » n’avait plus aucun sens aujourd’hui et qu’on devait considérer sa propre vie professionnelle comme une startup en tant que telle, The Startup Of You:
You should approach career strategy the same way an entrepreneur approaches starting a business,(…) for entrepreneurs it’s differentiate or die — that now goes for all of us.
Si on pousse un peu ce raisonnement: la carrière devient une entreprise, les recruteurs deviennent des clients et les compétences deviennent des produits.

Finalement on a toujours considéré sa vie professionnelle comme une entreprise. Seulement avant, l’entrepreneur traditionnel avait la quarantaine, faisait une longue étude de marché suivie de quelques focus groupes et un business plan d’une cinquantaine de pages minimum avant de s’engager dans un business familial plutôt stable.
Donc pour trouver du boulot à l’époque, c’était plutôt: longues études dans une grande école, plan de carrière écrit et appliqué.

Aujourd’hui, il est plus fréquent que les entrepreneurs aient une vingtaine d’années, sortent un MVP en quelques semaines, le proposent à des early-adopters, pivotent, retravaillent, définissent le business model, trouvent les premiers clients…

Donc effectivement pour trouver du boulot, il faut apprendre par soi même et montrer ce qu’on sait faire, devenir « expert » dans ce domaine, définir ses ambitions et son mode vie et tenter de se faire remarquer…

Comme dirait Friedman, il faut se différencier, se remettre en question en permanence… Malheuresement je ne pense  pas qu’on apprenne tout ça à l’école. Repenser le marketing de produits surgelés, analyser les ratios financers d’usine de dés à coudre et prendre des cours de bases de données Access, ce n’est surement pas le meilleur moyen de se préparer.

Enfin je dis ça, je dis rien…

Published by Romain David, on juillet 19th, 2011 at 1:16 . Filled under: Conseil startup2 Comments

Mise au point sur les MVPs

Tout le monde parle de MVP (Minimum Viable Product) aujourd’hui et c’est plutôt une bonne chose. Je suis sincèrement convaincu que c’est une étape incontournable des premiers jours d’une startup.
Mais forcément, comme tout le monde en parle, il y a beaucoup de  choses bizarres qui tournent. J’en ai repéré trois. Mais avant petit rappel pour les non-initiés: le minimum viable product est le « plus petit produit viable » (comme dit notre ami Guilhem) c’est à dire le premier prototype qui permettra de tester le marché, d’obtenir un retour des premiers utilisateurs et sur lequel le projet pourra se construire…

Facile à dire…
Effectivement tout le monde en parle mais quand on voit les premières releases de certaines startup après des mois de travail, on se dit qu’ils auraient pu éviter une telle usine à gaz. Et c’est vrai que c’est difficile de sortir un MVP. On est souvent frustré, on a encore plein d’idées, on a peur que certaines personnes nous disent: c’est tout? C’est ça ta boîte? Ces considérations entrent forcément en compte au moment de concevoir cette fameuse première version et souvent de manière inconsciente. C’est sans doute la raison pour laquelle parfois on parle de MVP toute la journée mais on oublie d’en sortir un le moment venu ;) .

Difficile à faire…
Un MVP, ce n’est pas une bouse :) . C’est un produit centré souvent autour d’une seule fonctionnalité réellement créatrice de valeur. Tout le reste a été mis de côté afin de répondre à une seul et unique besoin, le plus simple possible. L’objectif est de prouver que le besoin existe et de récupérer du feedback afin de sortir une mise à jour qui améliorera sensiblement l’expérience des premiers utilisateurs et ainsi de suite. Si un type vous présente un produit confus, répondant à un besoin peu clair en disant j’ai fait ça vite fait avec des potes la semaine dernière, ce n’est pas nécessairement un MVP. Ce n’est pas parce qu’un produit a été fait à l’arrache et qu’il n’a pas l’air terminé que c’est un MVP. L’objectif est de récupérer un maximum de feedback de la part d’early adopters plus indulgents et avisés que la moyenne, pas de faire n’importe quoi. Dans MVP, il y a viable

Pas un sacrifice sur l’expérience utilisateur mais sur les fonctionnalités
Encore une fois l’idée n’est pas de sortir un produit compliqué et inutilisable est de l’appeller MVP parce qu’il a été conçu en quelques heures.
Le but est de limiter au maximum le nombre de fonctionnalités, de se focaliser sur la plus importante d’entre elle et de le faire bien. L’expérience utilisateur ne doit pas être mise à l’écart à mon avis puisque c’est le meilleur moyen de séduire les early adopters et donc de récolter un maximum de feedbacks. En plus, il est beaucoup plus facile d’itérer à partir d’un produit simple mais dont la UX a été bien pensée.

Je suis sûr que si vous lisez ce blog, vous en savez plus que moi sur ce sujet, tous vos commentaires et remarques sont les bienvenues. Merci d’avance…

Published by Romain David, on juillet 5th, 2011 at 10:37 . Filled under: Conseil startup2 Comments