Romain David

Web, entrepreneuriat...Blog perso de l'un des fondateurs de Balloon


Too big to fail?

J’ai déjà fait un article sur la nouvelle bulle internet mais la récente IPO de LinkedIn a fortement relancé le débat sur les valorisations des startups du moment!

La question est de savoir si les valorisations actuelles sont justifiées et si ces entreprises dont tout le monde parle peuvent se planter. Pour rappel:

  • Zynga: 850M$ de chiffre d’affaires, 400M$ de bénéfice, valorisation estimée à 10Mds $
  • Netflix: 2Mds$ de chiffre d’affaires, 290M$ de bénéfice, valorisation estimée à 10Mds $
  • Pandora: 110 M$ de chiffre d’affaires, 1,8M$ de perte, valorisation actuelle à 2,1 Mds$
  • Salesforce:2 Mds$ de chiffre d’affaires, 120M$ de bénéfice, valorisation actuelle à 18 Mds$
  • Groupon: 800M$ de chiffre d’affaires, 400M$ de perte, valorisation estimée à 6 Mds$
  • Facebook: 2Mds$ de chiffre d’affaires, 500M$ de bénéfice, valorisation estimée à 60 Mds$

Netflix et Salesforce sont déjà entrés en bourse au début des années 2000, Pandora vient de le faire cette année et les autres devraient intégrer Wall Street dans les prochains mois.  La grosse différence par rapport aux IPOs de la « dot-com bubble » c’est que les startups en vogue aujourd’hui font du chiffre, il y a un Business Model derrière! Malgré tout, certains ratios font peur notamment dans le cas de Pandora ou de Groupon: est-ce raisonable d’être valorisé 6Mds$ quand on fait 400M$ de perte par an?

The old fashioned way

C’est absolument insensé que des entreprises avec des ratios si mauvais soient aussi bien valorisées. Les investisseurs se fondent sur une promesse et non sur des arguments rationnels pour établir leurs valos. On n’a aucune idée des résultats réels de ces entreprises et encore moins de la manière dont ils vont transformer les montants colossaux qu’ils ont levé en profits. Il y a quelques mois, on pensait que Groupon faisait 2 Mds$ de chiffre d’affaires et était rentable et on se rend compte aujourd’hui qu’ils font 800M$ de CA et 400M$ de perte!


The 2.0 way

Il faut considérer deux choses importantes: l’opportunité et les comparables.
Regardez les opportunités incroyables que présentent ces nouveaux réseaux capables de rassembler des centaines de millions de personnes au même endroit. Réfléchissez à la valeur d’une plateforme qui met en relation tous les êtres humains de la planète. Cette valeur créée ne peut être monétisée comme une entreprise industrielle classique, il faut prendre en compte cette évolution dans nos calculs de valorisation.
Ensuite, pensez aux comparables du secteur: Netflix (valorisé à 10 Mds$) est en train de tuer Comcast (cablo-opérateur dont les contenus sont fortement concurrencés par Netflix) valorisé à plus de 100Mds$, l’avenir de Salesforce (valorisé à 18 Mds$) semble plus radieux que celui d’Oracle (valorisé à plus de 150 Mds$) etc.

Je discutais de ce sujet avec un investisseur qui me disait qu’aujourd’hui ces entreprises sont « too big to fail ». Difficile de mettre la clé sous la porte quand on a levé un milliard de dollars. Pourquoi pas… mais souvenons nous de Webvan à l’époque. Est-ce toujours possible aujourd’hui?

Published by Romain David, on juin 24th, 2011 at 11:33 . Filled under: Conseil startup2 Comments

Il n’y a pas que les sandwiches…

Si le rôle d’un développeur paraît évident dans une jeune startup, celui de commercial l’est souvent beaucoup moins. Designer le produit, faire des mockups HTML, développer un prototype, debugger…il peut en effet paraître difficile de trouver sa place dans le processus quand on sort d’école de commerce. Dans un article récent, Seth Sternberg (Co-founder et CEO de Meebo), expliquait que son job avant le lancement de Meebo consistait à faire des sandwiches pour l’équipe:

There aren’t any partnerships to be struck yet, as the product has yet to build any credibility in the market. There aren’t any folks to interview, as you can’t afford to hire a full team

C’est sûr qu’il y a peu de chance qu’un jeune diplômé d’ESC  puisse appliquer ce qu’il a appris en école de commerce. Les modèles, les matrices, les tableaux Excel, les ratios… on s’en fout pas mal! Au tout début du projet, lorsque l’autre associé code toute la journée, il y a, à mon avis, que deux choses à faire.

Savoir ce que vous voulez faire

Ca peut paraître évident mais c’est pas si facile. La bonne nouvelle c’est qu’il y a plein de choses intéressantes à faire, la mauvaise c’est qu’à priori vous ne savez quasiment rien faire. Il faut donc essayer de se faire une idée de ce qui vous intéresse et ce sur quoi vous pensez être le plus performant: le commercial, le produit, le marketing… Ensuite en fonction du nombre d’associés, vous cumulerez plus ou moins les fonctions.

Apprendre & parler

Selon votre rôle dans le projet: apprendre à coder, apprendre à vendre, apprendre à se servir de Photoshop, apprendre à blogger, apprendre le SEM, apprendre à pitcher, apprendre à designer un produit, apprendre à travailler avec un développeur, (ré)apprendre à faire des slides etc. C’est un moment passionnant et tout l’avance que vous pourrez prendre à ce moment là ne fera qu’accélérer le lancement du produit.

Ensuite il faut parler de son projet: parler à des utilisateurs/clients potentiels, parler à des copains, à sa grand mère, parler sur un blog, parler sur Twitter, parler sur Facebook, même sur MySpace si vous voulez…Pourquoi parler à tout le monde? pour apprendre pardi!

Après quelques semaines intensives, vous aurez rattrapé un peu du retard accumulé en école de commerce et serez prêt à faire un premier feedback sur le produit et à préparer le lancement avec vos associés.

Bien sûr vous devez aussi faire les sandwiches, mettre l’ambiance et souder l’équipe, c’est peut être la seule chose qu’on a appris à bien faire en école de commerce… :)

Published by Romain David, on juin 15th, 2011 at 11:10 . Filled under: Conseil startup1 Comment