Romain David

Web, entrepreneuriat...Blog perso de l'un des fondateurs de Balloon


On a besoin de stars pas de managers

Quand on sort d’école de commerce on ne sait pas grand chose à part qu’on a le droit à tel ou tel type de poste dans telle ou telle entreprise à tel niveau de rémunération: consultant, product manager, contrôleur de gestion, chargé d’affaires, sales manager…Ce sont des postes à « fortes responsabilités », des postes de manager… Rien d’étonnant puisque ces écoles de commerce sont devenues maintenant des écoles de management!

ça fait pas rêver!

Quand on sort d’une école de danse on veut être danseur, quand on sort d’une école de management on veut être manager! Le problème c’est qu’aucune startup n’a besoin de manager ni dans l’équipe fondatrice ni ailleurs. Les startups ne peuvent pas se permettre d’avoir des profils généralistes qui sont moyens partout ou qui « managent » au lieu de bosser. Pas très grave vous me direz, ça veut dire que les écoles de management ne sont pas faites pour fournir les startups et que ceux qui en sortent doivent travailler plus que les autres pour se faire un place! Ok mais le problème c’est que ces écoles prestigieuses ont fait une publicité dingue pour ce type de poste (« le manager ») et que ce n’est maintenant fréquent d’entendre:

« je ne veux pas rester éternellement développeur, je veux devenir chef de projet. »

Je comprends que dans une grande entreprise, cette phrase ait un sens parce que le middle-management est très développé et que le seul moyen d’être ambitieux, c’est de gravir les échelons.

Mais dans une startup, cette phrase n’a absolument aucun sens. Si une startup embauche un développeur c’est pour qu’il devienne un dieu du code et non un manager. Ca devrait être ça son objectif, sa véritable ambition. Voila donc peut être une question intéressante à poser lors d’un entretien pour voir si le candidat est passionné: comment vois tu ton avenir dans notre startup?

Peut être que cet état d’esprit vient aussi de l’enseignement prodigué en école d’ingénieur ou le management et la gestion de projets sont de plus en plus mis en avant. Mais si les écoles de management ne sont pas faites pour fournir les startups et que les écoles d’ingénieurs non plus, on est mal barré…

Published by Romain David, on avril 19th, 2011 at 10:39 . Filled under: Conseil startup Tags: 9 Comments

Ce qu’un « side project » peut vous apprendre…

Lors du dernier Apéroentrepreneur, je parlais de notre dernière expérience chez Balloon à un certain Laurent qui m’a conseillé d’en faire un petit article. Pourquoi pas après tout…

Après avoir décidé d’envoyer Balloon à SXSW à Austin en mars dernier, nous avons entrepris un petit projet d’un week-end. Au commencement du projet, l’unique objectif était d’essayer de buzzer un peu autour de Balloon et du festival SXSW. Des milliers de startups se rendent chaque année au Texas, nous voulions donc tenter de sortir un peu du lot avec une petite application marrante. Même si nous avons récolté quelques articles de blog (notamment dans le Social Times et dans TheNextWeb), nous n’avons pas obtenu les résultats escomptés mais cette expérience a été très enrichissante.

Au fur et à mesure du développement d’une startup, l’entreprise se structure petit à petit et chacun se spécialise dans des tâches plus ou moins bien définies. C’est bon signe, ça prouve que les fondateurs sont plutôt complémentaires mais ça a souvent pour conséquence de désarticuler l’équipe. C’est à dire que chacun travaille dans son coin sur ses missions de la semaine et le travail se fragmente peu à peu.

C’est vrai que le fait de rassembler toute l’équipe autour d’un seul et même projet a d’abord donné la pêche à tout le monde. Prendre un peu de recul, repartir à zéro: brainstorms, sketchs, mockups, design, dev…et une deadline claire: on a 48h! Bref un cocktail parfait pour booster tout le monde. J’ai déjà expliqué ce phénomène d’ « uninformed optimism » qui caractérise le commencement de chaque projet. Même si ce n’est pas éternel, c’est toujours bon à prendre…

Disque dur avant/après une défragmentation

Mais le plus bénéfique sur le long terme c’est au niveau de l’organisation du travail. Prenez l’exemple d’un disque dur, lorsqu’il est fragmenté, les zones libres de stockage sont éparpillées et son efficacité diminue, il faut alors le défragmenter c’est à dire rassembler les zones libres au même endroit pour accélérer les performances. Et bien ce side-project nous a poussés à défragmenter notre boîte: faire travailler les développeurs, les marchands de tapis ( ;) ) et les marketeux en même temps sur un projet avant de passer au suivant et ainsi de suite. Il se trouve que les nombreuses plages de temps libres (auparavant éparpillées à cause de réunions trop longues ou d’allers-retours inutiles) mises bout à bout finissent par ajouter un huitième jour à la fin de la semaine!

C’est difficile de prendre conscience de ce genre de chose quand une équipe s’agrandit et que chacun prend ses marques petit à petit. En plus de motiver les troupes, un side project peut donc apporter beaucoup et aider à améliorer la manière dont on travaille avec son équipe au jour le jour.

Published by Romain David, on avril 13th, 2011 at 11:06 . Filled under: Conseil startup5 Comments

Et si Google ressemblait à Yahoo…

Chaque jour, des tonnes de bouquins sur le SEO sortent en librairie et des milliers de blogs publient des billets sur le référencement. C’est l’un des sujets les plus en vogue depuis pas mal d’années. Est ce que c’est important? Oui! Est ce que c’est le plus important? Non, le plus important c’est l’expérience de l’utilisateur. Google en est la meilleure preuve…

Si les ingénieurs de chez Google avaient décidé d’appliquer toutes les régles du référencement à leur propre page d’accueil, qu’est ce que cela aurait donné?

Du contenu intéressant…

Si le contenu est intéressant et en rapport avec votre activité, les robots indexeront mieux votre site. La page d’accueil toute blanche de Google n’est pas optimale dans ce domaine: pourquoi ne pas inclure les derniers articles du blog officiel de Google et pourquoi pas d’autres contenus en rapport avec le web, la search etc.

… mis à jour régulièrement

Et oui, tous les consultants en la matière vous le diront, et c’est vrai: plus le contenu est frais, plus les robots qui scrutent le web passent souvent et meilleur est le référencement. Donc il faudrait par exemple ajouter le titre des news sur la home de Google ou les « trending searches » du moment.

Des liens entrants

Si de nombreux sites pointent vers le vôtre, c’est considéré comme des votes positifs pour votre site. Le meilleur moyen pour cela est la plupart du temps de dealer un échange de liens. Il faudrait donc que Google ajoute des liens depuis sa home vers d’autres sites afin d’augmenter le nombre de liens entrants.

Encourager les visiteurs à partager votre contenu

Facebook, Twitter, Digg…Si vous mettez à disposition des visiteurs des boutons qui permettent de partager en un clic votre contenu, vous augmenterez le nombre de visites et votre référencement par la même occasion.

Pourquoi ne pas ajouter sur la home de Google quelques boutons de partage…

Bref on pourrait continuer longtemps comme ça mais voilà à quoi ressemblerait la page d’accueil de Google si ils appliquaient toutes ces règles:

A celle de Yahoo!

Au lieu de ça, ils ont préféré tout miser sur l’expérience utilisateur et c’est ce qui a fait une partie de leur succès, tout le superflu a été enlevé. Tout? Ils se sont simplement permis un bouton « I’m feeling lucky » sur la home: c’est inutile mais c’est sympa et ça donne une bonne image. Pour cela il suffit donc d’une bonne idée et d’un simple bouton.

Published by Romain David, on avril 6th, 2011 at 12:31 . Filled under: Conseil startup2 Comments