Romain David

Web, entrepreneuriat...Blog perso de l'un des fondateurs de Balloon


Be remarkable!

C’est l’un des adages favoris de Seth Godin dans Purple Cow…Be remarkable…Se différencier de manière évidente de ses concurrents, émerger dans un marché surement déjà  complet. Vous ne remarquez plus les vaches qui broutent le long de la route, sauf si l’une d’entre elles s’avère être violette. Oui certains vont vous haïr pour cela, d’autres vont vous adorer, toujours est-il que l’on parlera de vous ne serait-ce que pour raconter votre histoire.

Ce ne sont pas des idées nouvelles puisque Seth Godin a écrit ce bouquin en 2003, mais c’est toujours intéressant de se demander comment mettre en place cette stratégie et comment réussir à faire de sa boîte une vache violette. Voici les différents cas de figure que j’ai identifiés:

Personnalité

Contrairement aux entreprises, les stars ont compris ça depuis très longtemps. Madonna, les Rolling Stones, BHL et sa fameuse chemise blanche. Ils ont trouvé une manière de se démarquer des autres, de faire parler d’eux. Je pense aussi à Hélène Grimaud, l’une des pianistes françaises les plus célèbres. Pas facile de se faire connaître dans ce métier quand de nombreux jeunes sortent chaque année des conservatoires les plus prestigieux. Hélène fait des interviews sur sa passion des loups, des reportages en Floride en compagnie de ces jolies bêtes et devient rapidement la pianiste sauvage, la pianiste au loup…

Design

Lancer sur le marché un produit au design remarquable est un autre moyen de propager ses idées, de sortir du lot et de rassembler du monde. Le meilleur exemple à mon sens est le musée Guggenheim de Bilbao. La ville a beaucoup souffert de la crise des années 80 et s’est donc présentée pour héberger l’antenne européenne de la fondation Guggenheim. C’est Frank Gehry qui se charge de l’architecture. Le résultat est magnifique et remarquable: en quelques années, la fréquentation touristique a doublé!

Distribution

Le cas de Dell dans les années 90′s est assez représentatif: laisser le consommateur concevoir son ordinateur sur-mesure et le commander en ligne ou par téléphone, aucun ordinateur Dell dans les points de vente. Leur stratégie a évolué aujourd’hui mais cette originalité (combinée à un bon produit et à un modèle plus efficient) a fortement contribué au succès de la marque.

Produit

Et oui on peut aussi innover sur le produit lui même pour le rendre réellement remarquable. C’est par exemple ce qu’a fait Lionel Poilâne: commercialiser en France à grande échelle un pain artisanal très différent de la fameuse baguette. Rapidement il exporte son pain dans le monde entier.

Histoire

Enfin dernier cas que j’ai repéré: l’histoire racontée. Si  des projets comme hot or not ou adopteunmec marchent si bien c’est parce que l’histoire à raconter est remarquable, elle ne laisse en aucun cas indifférent.

Il faut des records, de l’originalité, de l’inattendu, tout le monde aime ça. N’oublions pas que le livre le plus vendu au monde (sans compter la Bible, le Coran et le petit livre rouge qui sont hors compétition :) ) est …le Guinness des records, CQFD!

Published by Romain David, on février 23rd, 2011 at 1:16 . Filled under: Conseil startup Tags: , 3 Comments

J’ai une super idée, je vais lever 500k…

C’est une super idée, je suis sûr que je peux lever 500k avec ça…

Vous avez peut être déjà entendu ce genre de discours de la part de futurs-entrepreneurs ou pire de la part de déjà-entrepreneurs. WTF????

Vous imaginez le mec qui veut monter son restaurant: Il va être super mon resto, je suis sûr que je vais décrocher un prêt de la banque!

Plusieurs explications:
1) Manque d’ambition: réussir sa boîte c’est compliqué, statistiquement c’est plus facile de lever des fonds.
2) Confondre naïvement la fin et les moyens et penser que lever des fonds c’est devenir riche…

Bref, je sais pas trop ce qui déclenche ce genre de reflexion, mais ca serait gentil d’arrêter :)

Published by Romain David, on février 17th, 2011 at 11:03 . Filled under: Conseil startup Tags: 2 Comments

Founders at work: FLickr

[Voici le cinquième épisode de la série "Founders at work". Vous pouvez retrouver les précédents épisodes (Hotmail, Excite, 37Signals et Delicious) ici.]

Fondateurs: Caterina Fake, Stewart Butterfield et Jason Classon ont fondé Ludicorp en 2002, société éditrice du jeu Game Neverending: un jeu de rôle en ligne massivement multijoueur. Caterina Fake et Stewart Butterfield sont développeurs et mariés! Il l’a séduite en lui proposant de monter une entreprise!

Idée: En 2004, ils ont eu l’idée de développer une messagerie instantanée intégrée au jeu qui permettait d’échanger des objets virtuels avec un groupe de joueurs. Ils ont rapidement permis d’échanger des photos. En huit semaines, Flickr a été développé et est rapidement devenu plus populaire que le jeu lui-même.

Investisseurs:Bénéficiant d’un prêt à taux zéro du gouvernement canadien, l’équipe a levé un peu d’argent auprès de Business Angels (notamment Esther Dyson et Reid Hoffman) mais a refusé toutes les propositions des VCs.

Produit: Le nombre d’inscrits augmentaient lentement jusqu’au jour où il est devenu possible de rassembler toutes ses photos sur une page web. C’est l’un des points forts du service avec l’aspect social qui permettait aux utilisateurs de revenir encore et toujours sur le site pour échanger avec d’autres et compléter leur profil. Les sites de photos de l’époque n’avait pas compris ça comme dit Caterina Fake: « L’opinion la plus répandue à l’époque était que le partage en lui-même n’avait pas assez de valeur, que ça ne suffirait pas à faire payer les utilisateurs. Notre naïveté et notre ignorance de ce business nous a finalement servis« . En 2004, l’équipe met le jeu de côté en arrêtant son développement, parce que Flickr prenait vraiment beaucoup d’ampleur. Le système de recherche de photos par tag a aussi été décisif dans le succès de Flickr. Comme dans le cas de Delicious, ce dispositif nouveau à l’époque permettait un partage de contenus beaucoup plus étendu.

Business Model: Les comptes « pro » ont été ajoutés en 2008. Les chiffres ne sont pas publics mais cet article tente d’évaluer le chiffre d’affaires de Flickr: 33 millions de comptes, 7% de comptes payants, ce qui donne environ 50 millions de dollars par an. Personnellement je trouve les 7% un peu trop ambitieux mais bon…

Exit: Yahoo rachète Flickr en mars 2005 pour 35 millions de dollars.

Published by Romain David, on février 15th, 2011 at 12:32 . Filled under: Conseil startup Tags: 2 Comments

Pourquoi ont-ils peur?

Balloon couvrait le forum Netexplorateur jeudi et vendredi dernier. Au cas où vous ne connaitriez pas, il s’agit d’une manifestation passionnante sur les nouvelles technologies, l’avenir du web et les startups. Plus de 1000 « décideurs » comme on dit, se rassemblaient pendant deux jours pour échanger autour de ces problématiques au palais de l’UNESCO: directeurs de l’innovation, de l’E-Business, des nouvelles technologies… de grands groupes français et européens.

En lisant les questions du public, une chose m’a marqué pendant ces deux jours: la peur voire l’angoisse de beaucoup de participants par rapport à l’avenir des nouvelles technologies. Voici par exemple une question parmi tant d’autres:

Trop d’infos tue l’info…sommes nous condamnés à un monde d’ignares ?

Cette autre citation date, elle, du 16eme siècle peu après l’invention et à la propagation de l’imprimerie:

« Le monde moderne est submergé de données, c’est une situation à la fois déroutante et néfaste ».

Les exemples ne s’arrêtent pas là:

1835: l’académie de médecine de Lyon soulève quelques critiques à propos des chemins de fer:

« Est-ce bien utile? N’avons-nous pas des moyens bien plus sûrs et naturels de nous déplacer? Ne risquerons-nous pas des atteintes à la rétine et des troubles de la respiration à grande vitesse, les femmes enceintes ballottées ne vont-elles pas faire des fausses couches ? »

1995: les journaux télévisés présentent déjà Internet comme « le réseau de tous les dangers » (2’35):

Vous me direz « pourquoi être surpris si le phénomène se répète depuis des centaines d’années? »…Peut être parce que ce sont certains « décideurs » en charge de ces sujets là qui ont peur aujourd’hui…Sont ils les mieux placés pour diffuser l’innovation dans l’entreprise?

Le progrès technique a toujours fait peur.

Pendant la révolution industrielle, les gares, les chemins de fer et les usines ont été très mal accueillies parce que les gens trouvaient ça moche! Le progrès était alors synonyme de laideur, de destruction de la nature et de conditions de vie difficiles. Mais aujourd’hui le progrès technique n’est plus laid: Apple est l’exemple même de ce rapprochement entre l’innovation et le design.

Le second reproche que l’on fait souvent au progrès techinque est la déshumanisation:

Je serai triste quand je verrai mes enfants s’amuser devant leur télé interactive plutôt que dans le jardin avec des bouts de bois…

Il s’agit d’une autre remarque postée par un participant du forum la semaine dernière.

Les rêveries du promeneur solitaire de Rousseau, les Temps modernes de Chaplin, le Meilleur des mondes d’Huxley…Prôner un retour à la nature est un réflexe classique pour se battre contre le progrès technique. Pourquoi voulons nous tant passer pour la victime plutôt que pour l’inventeur de toutes ces innovations à venir?

Published by Romain David, on février 9th, 2011 at 11:39 . Filled under: Conseil startup Tags: 2 Comments