Romain David

Web, entrepreneuriat...Blog perso de l'un des fondateurs de Balloon


Les tambours du 21ème siècle

Après l’épisode  estival de « France.fr », nos politiques continuent à prouver leur aisance avec le numérique. Il y a quelques jours sur France 2, Valérie Pecresse annonçait: «l’économie numérique connait des révolutions tous les jours, quand on voit qu’aujourd’hui Facebook détrône Google, Facebook qui n’existait pas il y a un an». Manqué! Facebook a été créé en 2004, il y a 7 ans jour pour jour. Sarkozy n’est pas sur Twitter, l’Elysée a un compte depuis quelques mois seulement, suivi par 10 000 utilisateurs et a envoyé moins de 400 tweets.

Obama est l’un des seuls à avoir compris depuis le début comment bien utiliser le web, il l’a encore prouvé lors de sa séance de questions/réponses (sur Twitter et sur Youtube) la semaine dernière lors du « State of the Union ». Il est suivi par près de 7 millions de personnes sur Twitter…

Alors oui c’est dommage pour nous qu’ils n’y connaissent rien, c’est dommage pour nous qu’ils entreprennent des choses comme Hadopi et qu’ils continuent à considérer Facebook ou Twitter comme des forums où on raconte sa vie. Oui c’est dommage parce que ça va pas dans le bon sens…

Enfin si justement , c’est cette ignorance, ce décalage qui permet d’avancer dans le bon sens. C’est même  une aubaine pour les peuples qui se battent pour la démocratie. Utiliser des armes inconnues des « vieux » est certainement le meilleur moyen pour la jeunesse de faire la révolution. Qui l’eût cru: les technologies les plus avancées pour faire vaciller un dictateur ne sont pas entre les mains d’un Etat ou d’une armée mais entre celles des peuples!

Faire passer des messages, communiquer, rassembler des communautés quasi-instantanément, c’est la première force de Twitter et de Facebook. Les réseaux sociaux sont les tambours du 21 ème siècle. En 1789, les citoyens faisaient sonner le tocsin et battaient la générale pour rassembler les foules. Aujourd’hui un message de 140 caractères maximum suffit!

Témoigner en temps réel de ce qui se passe est la seconde force de ces réseaux. On n’assassine plus en cachette, on ne tire plus à balles réelles sur des manifestants sans que l’info soit disponible au monde entier dans la seconde .

C’est vrai que dans les pays en paix, on utilise Facebook pour raconter des conneries, partager des photos de soirées ou créer des business. Dans ce cas c’est mieux d’avoir un gouvernement qui pige quelque chose et qui nous aide. Ils sont trop « vieux »? Tant pis, on a de quoi révolutionner pas mal de choses…

Published by Romain David, on janvier 31st, 2011 at 12:28 . Filled under: Conseil startup Tags: , , 4 Comments

4 questions sur les « me too »?

Quand Loic LeMeur vient en France il passe son temps à nous expliquer qu’il faut arrêter de faire des « me too », que c’est pas en copiant les américains qu’on créera des nouvelles success stories. C’est vrai qu’il y en a pas mal en ce moment, mais que doit en penser? Est ce que ça marche? Est ce que ça crée de la valeur?

Comment réussir un me too?

Ca serait faux de penser que ce genre de projets sont voués à l’echec. Le récent article de @roxannevarza cite des exemples assez impressionnants comme Spartoo en France par exemple. Si on cherche d’autres exemples de « me too » européens célebres, on tombe sur Qype (copycat de Yelp), Xing (copycat de LinkedIn), Citydeal (copycat de Groupon) et même Studivz (copycat de Facebook). Leur point commun? Ils sont tous allemands!

Pour réussir un « me too », il faut à mon avis:

  • Avoir un marché important à disposition
  • Un marché  difficile à pénétrer pour des startups étrangères
  • Lancer un business à fort potentiel qui plaise aux investisseurs
  • Des investisseurs habitués aux « me too »

Le marché allemand est effectivement l’endroit idéal parce que c’est le marché le plus grand d’Europe, assez imperméable avec des VC’s fans de me too (comme Team Europe Ventures ou Rocket Internet par exemple).

Est ce que les « me too » créent de la valeur?

Il existe des clients prêts à payer pour le service? Des utilisateurs par milliers qui l’utilisent? De l’argent qui rentre dans les caisses? Alors oui, ces services créent de la valeur, font marcher l’économie et comblent un besoin existant. Pourquoi devrait-on attendre que l’ »original » se lance  en France ou en Allemagne pour profiter de ces services innovants?

Est ce que les « me too » sont des projets innovants?

Non ce type de projets ne font pas beaucoup avancer les choses: le business model, la stratégie marketing, les technos…tout est déjà écrit quelque part alors ça serait dommage de ne pas s’en inspirer. Schumpeter  montre dans Le cycle des affaires que l’innovation se diffuse en « grappes ». C’est à dire qu’une innovation de rupture enclenche de nombreuses innovations incrémentales avant de laisser place à une nouvelle innovation de rupture. Les « me too » ne trouvent donc aucune place dans ce type de modèle. Mais ce n’est pas un tort, la plupart des boîtes qui se créent chaque jour créent de la valeur mais n’innovent pas par rapport à l’existant!

Est ce que les « me too » sont des startups comme les autres?

A mon sens, une startup est une jeune entreprise qui innove (produit marché, business model ou tout ça à la fois…). Ouvrir une boutique de vêtements, ce n’est pas de l’innovation. Ca veut pas dire que c’est facile à réaliser et que l’execution est moins importante! Lorsque les « me too » s’attaquent à des business models encore récents (comme dans le cas de Groupon aujourd’hui), ils ont le mérite d’évangéliser les foules et d’éduquer les utilisateurs à des nouveaux usages. Ils travaillent donc finalement plus à la diffusion de l’innovation qu’à l’innovation elle même. C’est important aussi…

Published by Romain David, on janvier 25th, 2011 at 11:10 . Filled under: Conseil startup Tags: , 3 Comments

L’histoire est écrite par les vainqueurs

Aux Etats-Unis, les entrepreneurs à succès sont de véritables héros nationaux. La presse, la télévision, tout le monde en parle. C’est le rêve américain qui veut ça, la plupart du temps ils sont partis de rien et les gens les admirent pour ça! Et figurez vous qu’on parle aussi de ceux qui se plantent… parce que ce n’est pas très grave finalement…bien au contraire.

En France, on en est pas encore là. Dernièrement dans « Capital », l’émission phare de M6 – un genre de mélange entre « Les Experts » et le Téléshopping- les journalistes nous parlaient d’un entrepreneur « parfaitement inconnu du grand public » mais dont la réussite est impressionante: à savoir Xavier Niel!!…C’est bien la preuve! On parle donc un peu de ceux qui cartonnent, pas vraiment de ceux qui réussissent et pas du tout de ceux qui échouent. Enfin ça c’est à la télé parce que le 1er février prochain a lieu la « Fail Conference« : première conférence dédiée à l’échec entrepreneurial.

Voilà une bonne nouvelle et pour m’indigner contre ce principe idiot qui veut qu’on ne parle que des vainqueurs, je voudrais ajouter à ma série « Founders at Work » (sur pleins de startups qui ont cartonné comme Hotmail, 37signals, Delicious…) l’histoire d’un des plus cuisants échecs du secteur: Webvan!

Webvan a été créé en 1999 avec pour ambition de révolutionner le marché de l’alimentaire, l’idée est simple: vendre des produits alimentaires en ligne et livrer les clients à domicile. Le fondateur est Louis Borders (connu pour avoir créé Borders Group la seconde chaîne de magasins spécialisés dans les livres et la musique après Barnes et Noble) et les premiers investisseurs sont Benchmark Capital (eBay, Twitter…), Sequoia Capital (Apple, Google, YouTube, PayPal, Cisco Systems, Oracle, Electronic Arts, Yahoo!, LinkedIn…), Goldman Sachs, et Yahoo. Le CEO de feu Andersen Consulting est recruté pour prendre la tête de Webvan. Une équipe de rêve sur le papier…

Environ 500 millions de dollars ont été investis dans cette boîte. Avant même de lancer publiquement la plateforme, Webvan comptait 400 employés, avait investi 40 millions de dollars dans un premier entrepôt et 18 millions de dollars de software. Un mois après le lancement, Webvan signe un contrat d’un milliard de dollars pour construire 26 entrepôts supplémentaires dans tout le pays. Webvan entre en bourse dans la foulée et lève 375 millions de dollars pour une valorisation de 8,5 milliards.

En 2001, le fameux CEO consultant quitte la baraque avec un parachute doré de 375 000 dollars par an à vie et la boîte fait faillite quelques mois après.

Leçons à tirer

Les leçons à tirer de cette histoire incroyable sont nombreuses mais deux sont intéressantes à mon avis.

1) Ne JAMAIS prendre un CEO qui vient du conseil :) et si il vous demande 375 000$/an à vie 6 mois avant que la boîte ferme, y réfléchir à deux fois…

2) Nécessité de bien « scaler » son business au début:  c’est à dire ne pas brûler des ressources tant que le business model n’est pas prouvé. Chez Webvan, ils se sont basés sur un business plan qui prédisait 8000 ventes/jour dès le lancement et ont investi en conséquence. Le problème, c’est qu’un Business Plan ça vaut pas grand chose tant que les hypothèses qu’il contient n’ont pas été confirmées par le marché. Webvan a fait moins de 2000 ventes/jour au lancement avec sur le dos des infrastructures qui tournaient donc à 30% de leur capacité!

L’idée est donc d’économiser au maximum ses ressources tant que le modèle est encore fragile et de l’experimenter au maximum. Lorsque le business model devient répétable à l’infini, c’est à dire que vous avez prouvé que si vous mettez un euro dans la machine, il en sort systématiquement trois, cela devient alors beaucoup plus intéressant d’investir de l’argent, surtout un milliard!

Published by Romain David, on janvier 18th, 2011 at 10:55 . Filled under: Conseil startup Tags: 4 Comments

Conseils des Stones pour réussir votre startup

Je suis actuellement en train de lire « Life« , l’autobiographie de Keith Richards, le guitariste des Stones. Leur vie est passionnante, c’est plutôt bien écrit, souvent drôle, bref c’est un très bon bouquin. Cela permet en plus de faire des rapprochements entre la création d’un groupe de rock et la création d’une entreprise.

Des associés

Si Keith Richards et Mick jagger se « trouvent » en 1960 à la gare de Dartford c’est parce que Mick Jagger tient sous le bras The best of  Muddy Waters et un titre de Chuck Berry, or cette musique n’est pas très populaire à ce moment là dans Londres. Les rencontres suivantes (avec Brian jones ou Ian stewart) seront toute « musicales » avant d’être personnelles. Seul Charlie Watts est un peu trop « jazzy » au début selon Keith Richards qui lui demande de s’adapter à l’identité du groupe. S’associer à des musiciens qui partagent les mêmes valeurs et la même vision a permis au groupe d’être encore ensemble aujourd’hui.

Une Vision

La vision du groupe au tout début était la suivante: « faire découvrir et écouter du Rythm&Blues à tout Londres ». Pas très ambitieux vous me direz, mais cette ligne directrice leur permettra de jouer un répertoire cohérent, de rassembler des fans « localement » assez rapidement et d’acquérir une réelle âme sur la scène musicale londonienne du début des années 60.

Du Travail

Les membres du groupe ont passé plus d’un an adossés à des amplis en analysant les morceaux de leurs idoles: chaque accord et chaque mot des chansons de Muddy Waters, Jimmy Reed et d’autres sont disséqués en détail afin de trouver la recette du son des bluesmen de Chicago. Ils vivent alors dans un appartement miteux  et travaillent toute la journée avant d’aller répéter ou jouer le soir. On est loin des trois semaines de Nouvelle Star!

Une rupture

Au moment où se lancent les Rolling Stones, la musique londonienne est divisée en deux clans: les « tradis », fans de Jazz et de Blues et les modernes, adeptes de Rock’n'roll et de plus en plus de pop. Les Tradis ne supportent pas les rockers et les guitares électriques tandis que les soi-disant Modernes virent au mauvais Rock’n'roll et à la mauvaise Pop en méprisant l’héritage des années 50 et précédentes. Les Stones vont tout faire péter en s’inspirant des accords et du son du Rythm&Blues et du Blues pour repenser le Rock’n'Roll!

Un Positionnement

En 1963, Andrew Loog Oldham devient à 19 ans le premier manager des Stones. Afin de se démarquer de l’image « gentils garçons » des Beatles déjà très célébres à l’époque, il prend le partie de faire passer les Rolling Stones pour des mauvais garçons et lançe le fameux: « Would you let your daughter marry a Rolling stone? ». Il encouragera même le groupe a dévaster des hôtels pendant qu’il passe des coups de fil anonymes aux flics…

Du Fun

Bien entendu…

Published by Romain David, on janvier 11th, 2011 at 10:37 . Filled under: Conseil startup Tags: 2 Comments

8 vidéos TED avant de partir en week end…

Dans la série #inspirationfriday voici quelques vidéos TED…

Seth Godin on the tribes we lead
Parce que je suis pas convaincu que son bouquin vaille la peine d’être lu en entier et que finalement c’est un bon résumé.

Barry Schwartz on the paradox of choice
C’est un sujet très intéressant déjà abordé ici.

Ken Robinson says schools kill creativity
Un classique TED qui force à repenser le système éducatif actuel.

Dan Pink on the surprising science of motivation
Un speech passionnant sur la motivation et les récompenses associées. De bonnes idées pour booster le moral de ses troupes!

Rory Sutherland: Sweat the small stuff
Une intervention assez drôle et très vraie: du bon sens, marketing, organisation…

Maz Jobrani: Did you hear the one about the Iranian …
Un très bon sketch de Maz Jobrani, il imite les accents comme personne!

Matt Ridley: When ideas have sex
« There is nobody on the planet who knows how to make a computer mouse, literally nobody! »

Benjamin Zander on music and passion
Si vous n’êtes pas sensibles à la musique classique, ce talk est pour vous et si vous aimez la musique classique, regardez le aussi ;)

Published by Romain David, on janvier 7th, 2011 at 12:06 . Filled under: Conseil startup Tags: 2 Comments