Romain David

Web, entrepreneuriat...Blog perso de l'un des fondateurs de Balloon


Pitcher devant un jury

Présenter son projet devant un jury ou des investisseurs demande une préparation toute particulière. J’ai eu l’occasion de passer sur le grill assez récemment donc voici les leçons que j’en ai tiré.

Concernant le dossier de pré-sélection ,je vous recommande le très bon article de @clemnt sur le sujet.



La préparation

  • écrire l’histoire à raconter, les points importants dont on veut absolument parler et ceux que l’on nous demande d’aborder.
  • Chercher une accroche: les 30 premières secondes sont fondamentales, il faut absolument que le jury trouve le projet et l’équipe original au premier abord pour qu’il ait envie d’aller plus loin. Raconter un anecdote, matérialiser son projet en distribuant ou en montrant un objet…
  • une idée = une slide!
  • Les tableaux de Guy Kawasaki dans The Art of The Start (chapitre: The Art of Pitching) sont très intéressants mais c’est difficile de sortir du lot en prenant le modèle dont tout le monde s’inspire. L’auteur de l’article 10 Lessons From Finland’s Summer of Startups appelle ça le « Guy Kawasaki Syndrome »!

    La conception

  • je vous recommande les bouquins de Garr Reynolds sur le design de vos slides. Pleins de bons conseils pour ne pas ennuyer son public, mettre en valeur les points importants, éviter les pieges classiques…
  • éviter a tout prix les blocs de texte, bullet points à la pelle, graphes compliqués. Concernant les schémas importants et un peu complexes, essayer de les construire sous les yeux du jury grâce à quelques animations, cela permet de capter l’attention et de simplifier le message.
  • Rester cohérent: les slides doivent refléter le business: si il s’agit d’un réseau social géolocalisé ou d’un produit B2B les slides doivent être visuellement différentes.
  • La répétition

  • A mon avis, c’est plus efficace lorsqu’une seule personne parle pendant le pitch. Cela permet d’assurer la cohérence de l’ensemble et d’eviter les transitions et passages de relais bancales.
  • Répéter, répéter, répéter, répéter et surtout répéter! L’accroche et les transitions de slides sont les éléments qui demandent le plus de travail. Ensuite il faut surtout surveiller le temps, la clarté et peaufiner :) .
  • je pense que ce n’est pas du luxe de répéter quelque fois sans slides au cas où. Si l’ordi ou le rétroprojecteur plante, le jury vous demandera sûrement de présenter sans slides! Ils seront d’autant plus impressionnés si cela n’a aucun impact sur la qualité de votre prestation!
  • prendre à part l’heureux speaker de l’équipe et lui montrer (vidéo a l’appui?) tous ces tics de langages et ses gestes incontrôlés!
  • et enfin les questions: qui répond à quoi? Anticiper toutes les questions, recenser les arguments etc…Je vous recommande un petit tour par le blog de Guilhem pour tout savoir à ce sujet. L’important est de répartir la parole et de répondre de façon concise, plus il y a de questions, mieux c’est.
  • Le jour J

  • Eviter les réflexions du genre: « non pas la peine, ils auront surement un adapteur VGA et des enceintes ». Prendre avec soi TOUT ce dont on a besoin (ordi, fichier, adapteur etc…)
  • ENJOY ;) .

  • Published by Romain David, on septembre 28th, 2010 at 1:27 . Filled under: Conseil startup Tags: , , , 7 Comments

    Business Model Generation

    Dans l’absolu, je serai plutôt d’accord avec l’auteur de cet article: Why Startup Founders Should Stop Reading Business Book qui explique en résumé:

    Que les bouquins à la Seth Godin/Malcom Gladwell:
    - sont trop généraux et ne donnent pas de pistes réels pour passer à l’action
    - pourraient être résumé en une ou deux pages

    Concernant ceux qui entrent d’avantage dans la pratique:
    - trop de théories
    - plus adaptés aux entreprises de grandes tailles, aux marché énormes et aux milliards de dollars en jeu.

    C’est vrai que ce genre de bouquins peuvent être résumés en une page (exemple Getting real par @gillespoupardin), c’est vrai qu’ils prennent beaucoup de temps à lire et que même si c’est souvent passionnant c’est toujours difficile d’en tirer quelque chose de concret.

    L’idéal à mon avis serait de trouver des résumés sympas sur le web et de les partager sur nos blogs (ou de les faire nous mêmes si le mal est fait:) ).


    "Business Model Generation"

    Business Model Generation

    Voilà l’exception à la règle :) : Business Model Generation.
    Ce n’est pas vraiment une nouveauté, je vous l’accorde mais je n’ai pas été mis dans le coup assez tôt à propos de ce bijoux.
    Les différentes composantes d’un Business Model, les différents types de Business Model, des conseils pour travailler son BM, le designer…bref toutes les infos utiles et seulement les infos utiles!
    Comment ne pas parler de la mise en page, de la manière dont ce livre est designé: photos, post-it, whiteboard, cahiers, schémas, gribouillages, vous passez par toutes les formes physiques que peut prendre le brainstorm et vous en ressortez lessiver, comme après une VRAIE séance!
    C’est très agréable à lire et très stimulant!

    Pour une fois, je voudrais vous demander deux choses:
    1) des bons résumés de bouquins à partager
    2) si je suis passé à côté d’autres bijoux comme celui-ci, let me know…

    Published by Romain David, on septembre 21st, 2010 at 9:55 . Filled under: Conseil startup Tags: , , 11 Comments

    Des détails qui tuent…

    Suite au tweet de @CravingStef: ce que votre adresse e-mail dit sur vos compétences informatiques, je me suis amusé a recenser tous les petits détails qui peuvent vous trahir auprès de recruteurs, de clients ou de vos tweetos (si vous travaillez sur le web, autrement tout cela n’a aucun sens).

    L’ordinateur: Quelques entrepreneurs que j’ai rencontré m’ont avoué ne pas vouloir embaucher quelqu’un qui travaille sur PC. Pour eux, avoir un Mac signifie aimer les choses bien faites, intuitives et si on est « PC » ca se ressentira forcément sur le travail. Je sais pas si ce critère est réellement pertinent mais je reconnais que j’aurai un meilleur a priori devant un joli mac que devant une usine à gaz Compaq qui tente de s’allumer pendant qu’on discute.

    L’adresse e-mail: L’infographie dont j’ai parlé au dessus est à mon avis très vraie mais pas seulement à propos des noms de domaines, il faudrait également ajouter l’intitulé de l’adresse. Un mec qui se pointe avec un snoopy75013 ou un Cobalt2760 (mes potes se reconnaîtront :) ) ne peut que se couvrir de ridicule devant quelqu’un d’un peu sérieux. C’est comme si un patron du CAC 40 sortait de sa mallette un agenda Gibert Joseph couvert de stickers: « Korn » ou « Peace and Love ». Si en plus c’est sur aol ou caramail, vous ne serez même pas reçu…

    Membre de copains d’avant sur Google: On google souvent les gens et c’est vrai que c’est rassurant lorsqu’ils sont réellement visibles. Que cela soit un profil Linkedin, un Twitter ou encore mieux un blog, si quelqu’un est bien référencé c’est qu’il est actif sur le web et qu’il crée du contenu. En cas d’echec, lorsque Google affiche un Facebook uniquement ou pire un lien vers Copain d’avant, on se doute que cet « expert du web » est en carton.

    La timeline Twitter: Enfin, l’un des derniers détails qui peut nous renseigner rapidement sur quelqu’un, c’est le contenu qu’il poste sur Twitter. Et là plusieurs cas de figure:
    - « hello world », « comment ça marche ce truc? » datant d’il y a six mois: n’a pas encore compris l’intérêt de Twitter. Ca va peut être venir, stay tuned!
    - « je mange une glace à la framboise », « C’est génial TF1 ce soir »…: n’a pas compris l’intérêt de Twitter. Ca ne viendra pas, passez votre chemin.
    - RT @…, RT@…., RT@…: n’a pas grand chose à dire mais s’intéresse à l’actualité.
    - @…, @…, @…: soit il prend Twitter pour msn soit c’est un mec ouvert qui répondra à vos questions sur Twitter.

    Je suis sûr qu’il y a plein d’autres détails qui vous choquent ou vous interpellent…

    Published by Romain David, on septembre 17th, 2010 at 9:33 . Filled under: Conseil startup Tags: , , , 10 Comments

    Entrepreneur ou fonctionnaire?

    Comment ne pas faire d’une startup une usine à gaz avec des montagnes de papiers, des boîtes mails pleines à ras bord et des cahiers illisibles ? Comment éviter de passer des journées entières à chercher, ranger ou refaire.

    On critique souvent les grosses boites pour leurs formalités administratives et leurs paperasses en se disant: « mais comment en sont elles arrivé là? ».

    On commence par faire des feuilles excel, des Google docs, ensuite on noircit des papers boards qu’on prend en photo ou qu’on recopie à la main. On envoie des mails à ses associés et même à soi même pour ne pas oublier des trucs importants ou pour partager des documents ou des articles. Autant de gestes qui paraissent naturels au début, qui prennent de plus en plus de temps et qui finnissent par porter préjudice à l’efficacité, à la productivité et peut être même à la créativité de l’équipe.

    Alors comment éviter les mauvais reflexes dès le début et créer un environnement de travail efficace, rapide et propice aux idées fraiches!

    « Meetings are Toxics »
    C’est l’un des points importants de Getting Real. On débute toujours avec de bonnes intentions, on commence la discussion et puis bla ca devient prenant bla bla et puis un mec bla bla bla en rajoute bla bla bla bla bla bla…On sort du truc au bout de 3h et on se rend compte qu’on a rien fait de la matiné!
    Quand vraiment les réunions sont inévitables, je pense qu’il faut lancer un chronomètre (30-45 min), demander à chacun d’avoir préparé son truc et finir par une to-do list (à la place du fameux compte rendu assez inefficace).

    Lâcher 50$/mois
    C’est le prix de la quinte flush, le combo de Web apps qui permet d’optimiser des tâches qui peuvent être compliquées et un peu rébarbatives et de décupler l’efficacité des équipes. Rien de bien original, mais ca vaut le coup de lâcher quelques dollars pour celles qui sont payantes!

    Highrise
    - gestionnaire de contacts génial pour suivre les différentes conversations ou ajouter des tâches
    - Killer feature: application iPhone avec voice note pour résumer un RDV en quelques secondes

    Producteev
    - gestionnaire de tâches très bien fait avec labels, workspaces et une très jolie application iPhone
    - Killer feature: la Producteev Academy qui fait un classement mensuel des membres de votre équipe en fonction de leur activité, bien trouvé!

    Google Calendar
    - simple, efficace et gratuit
    - Killer feature: synchronisable partout (iPhone, iPad etc.)

    Dropbox
    - génial pour partager des documents facilement, stocker des fichiers etc. la magie du cloud :)
    - Killer Feature: « Dropbox file » sur votre bureau + application iPhone/iPad

    Delicious
    - Une vraie bibliothèque de liens à constituer avec toute l’équipe et à partager en quelques clics
    - Killer Feature: extension chrome

    J’aime beaucoup cette suite d’applications parce que grâce à elles, jamais plus vous:
    - n’enverrez de mails à vos associés ou à vous même
    - ne vous demanderez qui a répondu à monsieur Tartampion et quand?
    - n’oublierez un RDV
    - ne vous demanderez les priorités de l’après midi

    J’ai choisi les 5 que nous utilisons chez Balloon mais il en existe plein d’autres et je suis sûr que chacun de vous a ses chouchoux :) A vous…

    Published by Romain David, on septembre 14th, 2010 at 11:14 . Filled under: Conseil startup Tags: , 7 Comments

    « SAS Weekend » ou comment gagner 2000€…de frais d’avocat!

    Vous connaissez tous le Startup Weekend ou comment montez une startup en un Weekend. Le but est de créer un prototype en quelques heures sans se prendre la tête avec les formalités administratives.
    Pour compléter cet événement génial, je vous livre la recette pour créer la SAS qui correspond en moins de 24h!


    Samedi
    10h00:La rédaction des Statuts
    L’objectif est de trouver des modèles de statuts sur le web ou mieux de demander ceux de vos contacts ou de vos amis et de modifier les informations propres à votre business (objet social, capital social, souscripteurs, adresses, postes…). Si vous souhaitez ajouter des clauses particulières, il faudra alors demander conseil à votre tante avocate ou votre cousin juriste.

    14h00: Faire le tour des banques en bas de chez vous
    Rendez vous à la station de métro la plus proche et visitez toutes les banques du quartier. Demandez les modalités (prix, services…) de chacune et faites votre choix. Les prix du marché sont aux alentours de 23€ par mois et certaines banques proposent 6 mois gratuits (comme le CIC par exemple). A ce propos je vous recommande tous les articles de @gbertholet sur le sujet et notamment son classement des banques à découvrir ici.

    16h00: Une fois que vous avez fait votre choix, allez à la banque avec les documents suivants pour ouvrir un compte bloqué d’associé:
    - photocopie de la carte d’identité
    - justificatif de domicile
    - projets de statuts
    - capital (en liquide ou en chèque de banque)
    L’idée est de récupérer l’attestation de blocage des fonds de la part de votre nouveau banquier. Elle est délivrée immédiatement si vous avez l’argent en liquide ou en chèque de banque ou dans les 10 jours, si vous payez par chèque.

    18h00: Annonce légale
    Vous pouvez rentrer chez vous pour publier l’annonce légale dans le journal officiel. Plusieurs sites permettent de le faire, perso j’ai utilisé les petites affiches. Ca coûte un peu d’argent (200€ environ) mais après le paiement vous récupérerez l’attestation de publication au journal officiel.
    @gbertholet conseille (dans les commentaires de l’article) de demander le tarif économique qui permet d’économiser 50%!

    Dimanche
    10h00: Il ne reste plus qu’à déposer votre dossier au Greffe du Tribunal de Commerce. Oui je sais c’est dimanche et tout doit être fermé mais le dépôt peut se faire en ligne sur leur site (si vous habitez à Paris, pour les autres désolé, il faut se renseigner :) ). Munissez vous de votre attestation de blocage des fonds ainsi que de l’attestation de publication et renseignez les champs demandés. Faites le sérieusement, sinon ils se feront une joie de vous renvoyer votre dossier en vous demander d’ajouter un « ? » après la 4ème phrase du 3ème paragraphe.
    Sortez votre carte bancaire (80€ environ) et vous pouvez partir en vacances…

    Fini? Et oui!…Le Greffe vous tiendra au courant de l’avancement du dossier et vous enverra le fameux KBIS (dans les 15 jours) que votre banquier attend pour débloquer les fonds et le Service des Impôts aux Entreprises se chargera de vous envoyer votre numéro de TVA. Il se peut que votre banquier vous demande les statuts enregistrés en plus du KBIS, dans ce cas rendez vous au Service d’Enregistrement le plus proche de chez vous avec vos statuts.

    Done!

    Published by Romain David, on septembre 6th, 2010 at 3:36 . Filled under: Conseil startup Tags: , 10 Comments