Romain David

Web, entrepreneuriat...Blog perso de l'un des fondateurs de Balloon


Le design ne sert à rien!

On a tendance à penser que le design d’un site est fondamental pour que le visiteur se sente bien, qu’il ait envie de revenir ou d’acheter. J’ai souvent l’impression que le premier réflexe de pas mal d’entrepreneurs est de designer une interface très 2.0, super léchée et souvent peu fonctionnelle…


Suivez vos idôles!
Lorsqu’on s’intéresse aux sites qui ont eu un énorme succès, on est obligé de se rendre compte que le design était plus que secondaire pour leur fondateur:
Wikipedia, Amazon, Craiglist, Ebay et même Google. La liste est longue des sites rencontrant un succès énorme et qui ont tout misé sur la UI pour optimiser leur taux de conversion et non sur le design. Certes ce sont des vieux sites mais si ils n’ont pas fait évoluer leur design depuis le temps, il y a une raison évidente:
Ils vendent mieux avec ce design!
Et pour preuve, je vous recommande de lire cet article qui démontre que des publicités plutôt moches sont plus efficaces que les belles: The « Ugly » Truth!

Pourquoi?
Les raisons sont à mon avis évidentes et pragmatiques:
- Simplicité: les utilisateurs/clients trouvent ce qu’ils veulent immédiatement = +de chiffre d’affaires! (que ce soient les produits sur Amazon ou la search sur Google, l’essentiel est là pour améliorer l’expérience utilisateur)
- Rapidité: le site est plus rapide et donc les utilisateurs/clients achètent plus = +de chiffres d’affaires!
- Accessibilité: le site est accessible depuis toutes les versions de tous les navigateurs ou presque donc utilisable par plus de clients = +de chiffres d’affaires!
Si le taux de conversion est bon et que les clients sont satisfaits, le design ne sert qu’à complexifier l’interface et à la rendre plus lente!

User experience first!

D’abord penser à l’utilisateur: comment lui expliquer clairement ce qu’il se passe, comme le faire aller droit au but de manière à maximiser le taux de conversion et à partir de là seulement, imaginer un design attrayant qui ne ralentisse pas l’expérience utilisateur et qui ne distraie pas le visiteur. Il faut donc parvenir à être attrayant mais pas distrayant, joli et efficace!
Les nouveaux sites qui cartonnent en ce moment sont parfaits à ce point de vue, comme Quora, Plancast ou Foursquare par exemple.

Published by Romain David, on août 31st, 2010 at 12:02 . Filled under: Conseil startup Tags: , , 51 Comments

Vendredi 13: Les entrepreneurs doivent ils être superstitieux?

Nous sommes vendredi 13, cela n’aura échappé à personne. C’est l’occasion de se demander si la chance joue un rôle important dans la vie d’un entrepreneur et donc si les entrepreneurs doivent être superstitieux…



On ne peut que remarquer que souvent la chance est un facteur fondamental dans la réussite d’un projet. Arriver au bon moment sur le marché, rencontrer les bonnes personnes, bénéficier d’un buzz…autant de points fondamentaux qui dépendent à un moment ou à un autre de la chance.

Alors comment mettre toutes les chances de son côté?

Être superstitieux?
C’est effectivement une solution et j’ai déjà rencontré des entrepreneurs qui jouaient ce jeu là à fond. Picsou tenait à son premier dollar comme à la prunelle de ses yeux, what else?
- Toujours signer les contrats avec le même stylo.
- Avoir un grigri toujours à la même place sur le bureau.
- Faire encadrer en 4 par 3 le premier chèque du premier client (Chez Balloon, on a toujours dit qu’on le ferait mais le jour où il est arrivé le banquier nous a expliqué que c’était pas une bonne idée :) ).
- Attendre les vendredi 13 pour démarcher ses clients (pas de chance, il tombe en plein mois d’août cette fois).
- Passer sa journée les doigts croisés…
Perso, j’y crois pas du tout, comme disait Hemingway: « You make your own Luck ».

Make your own Luck
Mais comment?

- Y croire: Les plus chanceux sont souvent ceux qui sont persuadés que ca va marcher et qu’ils auront de la chance. L’un des points soulevés par Jason Fried dans Getting Real est: « Seek and Celebrate Small Victories ». Fêter les bonnes nouvelles (même les petites) améliore le moral des troupes et focalise tout le monde sur le bon côté des choses.

- Etre ouvert: Comment attendre la chance si on n’est pas prêt à l’accueillir. Ca peut paraître idiot, mais rester ouvert aux opportunités (rencontrer des gens, se rendre à des événements, s’intéresser à la concurrence…) est un bon moyen de ne pas passer à côté de la chance. « Never eat alone » comme dirait Keith Ferrazzi.

- Être un peu fou: faire confiance à ses intuitions, faire « all in »! Lorsque le risque n’est pas démesuré, peut être faut il parfois se lancer et tenter un coup. Ca peut être un echec (mais comme vous êtes optimiste et que vous y croyiez, vous apprendrez beaucoup) mais si ça marche…Les gens diront que vous avez eu de la chance alors qu’en fait pas du tout.

Je suis sûr que même si ces derniers arguments sont plus rationnels que les précédents, vous avez tous des superstitions au bureau, on est vendredi 13, c’est le moment de tout avouer…

Published by Romain David, on août 13th, 2010 at 2:48 . Filled under: Conseil startup5 Comments

Et si on arrêtait de tailler la France…

Une petite note ce matin pour parler d’un truc qui m’a un peu énervé durant les dernières semaines.
Les derniers événements autour du lancement de france.fr ont donné une bonne occasion de se livrer à un jeu très drôle: le bâchage en règle de tout ce qui se fait en France.
Les français sont des nazes, leurs sites sont moches, pourquoi les startups françaises vont échouer etc…


Je suis plutôt d’accord pour dire que certaines choses sont inadmissibles voire honteuses pour nous (surtout quand c’est repris dans les principaux médias internationaux) mais j’ai envie de dire : raison de plus pour ne pas en rajouter!

Quand je vois que le post (très intéressant) de mon ami Pierre sur les raisons de l’echec des startup françaises a été RT plus de 120 fois sur Twitter, je me demande vraiment si les geeks français sont sadomasochistes. Je ne remets absolument pas en cause la qualité de l’article mais je m’interroge sur cette excitation à tailler l’écosystème français.

Je sais que les #fails, c’est ce qui se partage le plus sur le web mais c’est pas une raison pour faire n’importe quoi. Car au bout du compte, c’est tous les entrepreneurs français qui en souffriront si la France se forge (elle même) une mauvaise réputation.

Les startups et le web français vont de mieux en mieux alors résistons aux sirènes du buzz et soyons responsables (Je suis très calme!).

Published by Romain David, on août 11th, 2010 at 11:50 . Filled under: Conseil startup Tags: 18 Comments

Faut il appliquer la règle des 20% dans une startup?

Nous rêvons tous de pouvoir appliquer la fameuse règle des 20% de Google (20% du temps de travail à consacrer à un projet personnel) dans notre boîte.
Je vais encore faire mon rabat-joie mais je pense qu’il faut bien étudier le problème avant de se lancer dans cette aventure.


Cela dépend déjà des idées que vous voulez développer: si elles sont directement liées à votre « core business », il n’y a pas de débat (ni d’article, vous pouvez retourner bosser :) ) mais si vous pensez vous consacrer à des projets qui n’ont rien à voir avec votre startup, là c’est différent.

Dan Pink explique très bien que ce système permet de motiver les troupes puisqu’il repose sur trois éléments clés de la motivation: l’autonomie (pouvoir travailler à son rythme), la maîtrise (se surpasser pour quelque chose qui compte vraiment) et la pertinence (croire en ce que l’on fait). A ce propos, je vous recommande son TED Talk sur le sujet, c’est passionnant.

Mais dans un article récent, Vinicius Vacanti, le co-fondateur de Yipit a développé un argument intéressant.

En gros, il explique qu’un entrepreneur passe systématiquement par les phases suivantes lorsqu’il travaille sur une idée:

La naissance est bien sûr un moment fort, très excitant et motivant pour un entrepreneur et son équipe, mais lorsque cette nouvelle idée subit la « Crisis of Meaning », il y a de fortes de chances qu’elle succombe (peu de temps de travail, objectif secondaire, rien à voir avec le savoir faire de l’équipe…) et laisse sa place à un nouveau projet « remotivant » et ainsi de suite…

Dans les entreprises où l’activité principale est stable, solide et parfaitement définie, cette méthode peut effectivement donner naissance à de nouveaux produits en renforçant la motivation mais dans une startup où le doute joue un rôle important au quotidien, ces « shoots » de motivation artificielle peuvent rendre accro…ce qui signifie des effets de moins en moins perceptibles et une distraction de plus en plus importante!

Cette règle des 20% serait elle applicable uniquement aux entreprises ayant atteint une certaine taille critique?

Tous les contre-exemples et contre-arguments seront plus que bienvenus (j’étais ultra-fan de l’idée avant d’écrire l’article :) ).

Published by Romain David, on août 9th, 2010 at 11:39 . Filled under: Conseil startup Tags: , , , 15 Comments

Etre entrepreneur? 3 fois rien…

Trois…Le chiffre magique quand on démarre son projet sur le web.
Il faut s’y reprendre à trois fois pour faire des choses qui prennent 3 fois plus de temps que prévu, qui se font en 3 étapes et en 3 exemplaires pour finalement gagner 3 francs six sous: acheter un iPhone 3G, faire des règles de 3, chercher un 3 pièces, pitcher devant des vieux du 3ème age ou des mecs qui ont 3 cases en moins et qui comprennent un mot sur 3 de ce que vous dites, embaucher un développeur avec 3 ans d’expérience…bref ça casse pas 3 pattes à un canard!


Plus sérieusement…

3 fondateurs
Je sais, il n’y a pas de recette miracle, mais je trouve que démarrer à 3 c’est idéal: assez pour avoir pas mal d’idées différentes et être créatifs, pas trop pour pouvoir quand même avancer rapidement. A deux on peut avoir tendance à rester bloqué devant certaines problématiques, à 3 il y a toujours une solution qui remportera la majorité. Une fois que les choses sont lancées et que le business roule, c’est moins important à mon avis, mais au début c’est le chiffre que je préfère.

3 francs six sous pour le budget
Je fais partie de ceux qui pensent que commencer avec un petit budget est une bonne chose. Cela permet:
- de se concentrer sur l’essentiel en évitant les pièges faciles qui peuvent être tentant parfois (comme commander 500 T-Shirts avec le logo de la boîte)
- d’être plus imaginatif: manquer de moyen pousse forcément à réfléchir d’avantage aux différentes solutions au lieu de se tourner directement vers l’option qui coûte chère mais qui semble tellement plus facile.
- de s’ouvrir les portes du bootstrapping si les revenus arrivent assez vite…

3 semaines pour prototyper
C’est largement suffisant. Au bout de trois semaines, il faut essayer de tester le produit et de le confronter au marché potentiel. Les équipes du Startup Weekend y arrivent en 50 heures (enfin certaines) donc…

3 RDVs client par semaine
S’entraîner à pitcher, à vendre, à convaincre demande pas mal de pratique. C’est important d’aller « au contact » très tôt mais si on se prend des vestes, ca fait gagner beaucoup de temps dans la préparation et beaucoup d’expérience pour la suite.

3 mois pour le premier client?
Si les choses vont bien c’est le délai idéal, mais là ça dépend pas mal de ce que vous faites et des spécificités de votre marché.

Je suis sûr qu’il y en a encore pas mal de « trois » à développer, si vous avez des idées…

Published by Romain David, on août 5th, 2010 at 11:35 . Filled under: Conseil startup Tags: 19 Comments